En route

Sors de ta chaumière,

Sors de sa douceur,

Et de sa chaleur,

Et prend le chemin intérieur,

Celui mène vers la source de toute vie,

De toute existence.

Délaisse les palais,

Et les actes mondains,

Mais ne te détourne pas des autres,

Suis les du regard,

Et sois prêt à tendre la main,

Si on insiste pour toucher la tienne.

Il n’est jamais trop tard,

Pour devenir celui que l’on est,

Pour toucher le métal pur,

Lever le voile de tous les mensonges.

Ne crains pas les échecs,

N’aie pas peur de tomber,

Cela t’arrivera encore,

La vie est faite de chutes.

Mais la vie est faite aussi,

d’Hommes et de femmes qui se lèvent,

Qui brandissent haut l’étendard de leur coeur,

Pour l’ouvrir au monde intérieur et extérieur.

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Le petit semeur (1)

Le petit semeur

Bonjour, moi c’est Oscar. Tu ne me connais pas encore mais tu vas voir on va très vite bien s’entendre toi et moi. Plein d’aventures me sont arrivées et j’ai envie de te les raconter. Alors, tu es prêt ? On y va…

L’histoire se déroule à la campagne. J’y étais pour les vacances. Chaque année je passais quelques semaines chez papy et mamy. Ils m’accueillaient dans leur maison qui se trouvait au milieu des champs. Oui, juste au milieu avec rien autour. Même pas un épis de blé ou de maïs. Rien ! Les journées me semblaient longues. Alors pour que je ne m’embête pas trop, souvent je partais me promener. Je n’allais jamais vraiment loin car je craignais trop de m’égarer. Au cours d’une de mes nombreuses ballades, m’arriva un truc extraordinaire. Je trouvai sur mon chemin plein de petites graines. Bon là, rien d’extraordinaire. Je vous rappelle que l’on est sur un champs. Mais en m’avançant, je constatai que certaines de ces graines avaient grandi. Tandis que d’autres étaient restées juste des graines. Comme j’avais envie de comprendre ce phénomène, je demandai à mon papy la raison de tout cela. Il me répondis que cela avait toujours été comme ça. Que les graines apparaissaient et disparaissaient sans qu’on ne sache pourquoi. Que certaines grandissaient et d’autres pas. Comme cette explication ne me suffisait pas, je décidai d’en avoir le coeur net et parti à la pêche aux indices. Je découvris ainsi de petites traces de pas. Des traces minuscules. Je ne parvenais pas à distinguer s’il s’agissait celles d’un petit rongeur ou d’un oiseau. Mais toutes ces traces menaient vers un même endroit. Je les suivis donc et me retrouvai nez à nez avec un trou. Un petit trou qui me semblait très profond vu que je n’en voyais pas la fin. J’avais bien envie d’aller voir ce qui se passait là-dedans mais j’étais trop grand pour parvenir à rentrer dans ce trou qui lui était minuscule. Tout à coup, je sentis comme un bruissement d’ailes sur mon épaule. Et en effet, un oiseau venait de se poser. Dans son bec, il tenait quelques graines qu’il fini par déposer sur ma main. Je le regardai. Interloqué, j’avais l’impression qu’il tentait de me faire comprendre quelque chose. Je me dis que s’il avait déposé ces graines dans ma main c’était pour que j’en fasse usage. Et que fait-on généralement avec des graines ? On les mange. Je décidaidonc d’en goûter une. A peine avalée, je me sentis tout bizarre. la tête commençait à me tourner et je me retrouvai avec une drôle de sensation, la même que lorsqu’on se trouve sur un carrousel et qu’il tourne très vite. Après quelques instants, je retrouvai mes esprits mais je constatai que quelques chose venait de changer. J’avais complètement rapetissé. Enfin, il m’était possible de rentrer dans le trou et d’aller voir ce qui s’y passait. Il ne fallu pas attendre longtemps pour que je décide de sauter à l’intérieur. Je me retrouvai comme dans un énorme toboggan interminable. Je glissais à une vitesse impressionnante. Jamais, je pensais que cela pouvait s’arrêter jusqu’au moment où devant moi une lumière se rapprochait. Mon corps se souleva pour atterrir sur un large tapis de feuilles vertes. Enfin, je me sentais à l’abris. Rassuré. Mais cela ne dura pas longtemps. Car très vite, j’entendis des pas. Mais il s’agissait de pas de course. Un peu le genre de course comme lorsqu’un troupeau de buffles s’apprête à vous foncer dessus. Mais ce ne pouvait pas être cela vu que j’étais devenu plus petit qu’une tige de pissenlit. Je découvris à ma grande stupeur une armées de scarabées. Pris de panique, je voulus m’enfuir. Et c’est alors que l’un d’entre eux se dressa devant moi.

Printemps

Il est là le printemps,

Il est enfin arrivé,

Celui qui va nous combler,

Les petits comme les grands.

Il est signe de naissance,

Il donne la vie aux fleurs,

Ils ouvre les bourgeons,

Et chasse l’hiver et ses rigueurs.

On l’a tant souhaité,

On l’a tant désiré,

Celui qui fait souffler le vent,

Qui rend léger les vieux jours passés.

Il est là le printemps,

Sortons nous amuser,

Retrouvez toute cette joie,

Que l’on avait fini par emmitoufler.

Que j’aime ce printemps,

Qui me rappelle qu’un jour un enfant est né,

Qu’il a lui aussi grandi,

Pour se donner pleinement à la vie.

Se vider

Laisse moi exprimer ce qui fait écho en moi. Laisse moi vivre ce que j’ai à vivre. Je ne peux plus garder pour moi tout ce fracas de mensonges que je me dicte depuis toutes ces années. La vérité n’est pas simple à entendre, ni à exprimer. C’est pourtant à ce prix que je peux voir apparaî^tre cette lumière à laquelle j’aspire tant. Sortez de ce corps vous les mensonges oppressants, les non dits avilissants, les colères non exprimées, les vérités à jamais mystérieuses. Oh toi qui exprime la fausseté de tout ce que je suis, je te rends ta liberté. Je t’invite à rejoindre les tiens et à oublier  la moindre parcelle de ce corps dans lequel tu t’étais enfermée. Vous les échos de toute cette douleur, que l’énergie qui vous maintient en vie se dissolve dans le fracas des rochers. Aplatissez vous dans cet amoncellement de pierres. Imploser de l’intérieur et disparaissez pour rejoindre la poussière de toutes ces étoiles à jamais disparues. Laissez l’amour, la joie, le pardon et la compassion enfin librement exprimer leur puissance de vie. Laissez la gratitude pour cet existence se déployer au quatre coins du cadran solaire. Par-delà les vallées. Par-delà les montagnes. Remplissez ce vide qui désormais vous fait face et unissez vous à la loi profonde de la justice divine universelle.

Lumière effacée

La lumière est parfois bien cachée. On la cherche la plupart du temps là où on ne peut la trouver. La grotte dans laquelle la lueur de la flamme brille a besoin d’être éclairée de notre regard. Celui qui est porté par le coeur et non par les colliers de mots qui peuplent les cous des savants affamés. Ma tête est sur le point d’imploser. Elle est prête à vomir tout ce plein qu’elle porte en elle et dont elle ne veut plus. Elle est prête à rendre ce trop, cet excessif qui séjourne en elle depuis si longtemps. Le radeau pour atteindre l’autre rive peut à tout moment se fendre en deux et ralentir la course de celui qui avait décidé d’y élire domicile. Mon coeur palpite. Mes veines se serrent. Mon corps se crispe. Ma poitrine est prête à exploser. La lourdeur de tout ce poids que je ne veux plus porter me pèse si lourdement que j’ai peine à respirer à plein poumons le parfum avide de la vie qui m’entoure. Je suis comme déconnecté du réel. Je séjourne dans les ténèbres de tous ces mots et ces verbes qui se bousculent en moi, qui m’empoisonnent mes jours autant que mes nuits. Reprend tout cela, oh toi le monstre qui a décidé de t’installer là où je ne t’avais point inviter. Retourne d’où tu viens et efface de ma mèmoire toutes ces années qu’il m’a fallu passer à tes côtés. Des jours et des lunes passés à enfouir en moi ce que j’avais sur le coeur et que je ne pouvais exprimer de peur de… De peur de perdre tout ce qui faisait ma force, mon opiniatreté. Ce régime draconien auquel je m’étais astreint. Celui de garder cette lumière dans sa pénombre et de peu si pas la faire jaillir à la lueur du jour. A toi à qui je m’adresse, écoute ma prière et établis en mon sein ce paradis, cette terre promise que je recherche tant. Que je sais en moi mais qui est encore recouverte par les dunes ensablées des déserts éternels.

Le petit garçon et la pluie

Au pays de la pluie, il pleut tout le temps. Jamais cela ne s’arrête. Toute la journée, les gouttes tombent et tombent encore et encore. Personne ne sort de chez lui. Tous se calfeutrent bien au chaud sous une couverture moltonneuse. Et le soleil, vous me direz. Où est-il passé celui-là. Personne ne le sait. Il a disparu comme ça d’un coup, du jour au lendemain. Sans laisser de trace, ni d’adresse. Et depuis, on ne l’a plus revu. Un jour comme tous les autres jours alors que la pluie ne cesse de se fracasser sur les toitures des maison, un petit garçon du nom de Thomas décide d’aller récupérer le soleil. Personne n’ose sortir, se dit-il. Moi, je vais le faire car je ne peux plus supporter cette pluie qui ne cesse de tomber. Il enfile son manteau. Prend son parapluie et alors qu’il s’apprête à tourner la poignée de la porte, entend un effroyable coup de tonnerre. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il retourne illico presto dans sa maison pour se cacher sous la table. Mais comme notre petit homme est courageux et qu’il lui en faut plus pour lui faire peur, il décide de retenter l’expérience. Doucement, le voilà qu’il sort de sa cachette. Avançant précautionneusement vers la porte. Tournant délicatement la poignée. « Baaaaaam !!!! », un autre buit sourd se fait entendre. La porte est refermée d’un coup comme si une bourrasque de vent s’était infiltrée à l’intérieur de la maison. Mais ce qui a changé par rapport à la dernière fois, c’est que lui n’a pas bougé. Certes, il demeure figé comme une statue mais il n’a pas pris la fuite. Il décide alors d’utiliser une vieille technique dont sa grand mère lui parle souvent. Celle de la respiration. Il s’assit surune chaise. Ferme les yeux et se concentre sur sa respiration. En quelques secondes pas plus, il ressent une délicieuse chaleur l’envahir. Oublié le coup de tonnerre. Oublié le grondement. Il se sent en paix avec lui même, prêt à affronter le monde. Et surtout la pluie. Soudain, il entend comme une petite voix l’intimant de se lever et enfin de franchir cette porte. Mais cette fois-ci, afin de ne pas renouveler la mauvaise expérience de tout à l’heure, il décide de s’y prendre d’une autre manière. Il a désormais compris qu’en demeurant focaliser sur sa respiration, les choses se passent bien mieux. Ainsi, sur le rythme de va et vient de sa respiration, il franchit la porte et se retrouve dehors là où il y a encore quelques instants il n’osait s’aventurer. Bizarrement, quelque chose avait changé. La pluie n’était plus là. Le soleil avait pris sa place. Comment cela était-il possible. Y’a pas longtemps, se dit-il, la pluie était encore présente. Je l’entendais. Je la voyais tomber. Et là, subitement, plus rien. Un miracle, crie-t-il. Oui, un miracle mais personne ne l’entend vu qu’il est seul sans personne aux alentours. Personne sauf quelques moineaux qui piaillent comme si de rien n’était. Comme si le soleil avait toujours été présent. Il les fixe du regard, s’amusant de les voir se chamailler. La vie lui avait appris une belle leçon. C’est que derrière une porte, peut parfois se dissimuler de belles surprises.

Courir

Je cours à en perdre haleine. A faire jaillir ce souffle que l’on peut aller rechercher dans les profondeurs et qui me remontera telle une marée enseveli tout sur son passage. Je cours au devant du monde et je le regarde, ahurri de ce qu’il a à me proposer. Je cours et peut-être que je m’enfuis, que je quitte cette terre sans coeur à la recherche des vallées encore arides de l’amour. La vie est comme un pas de course. On alterne le bon et le moins bons. Mais ce bon et ce moins bon se valent l’un tout autant que l’autre. Ils forment à eux deux la jouissance pleine de cette alternance parfaite qui fait s’élever un homme au-dessus du sol qu’il est en train de fouler. L’air vivifiant que les poumons expulsent sont comme tous ces chagrins et ces tristesses que l’on ne réussi pas toujours à exprimer. Ils démontrent que le travail est bien de donner à la vie ce que l’on a de meilleur. Ni bon, ni moins bon, juste ce que l’on a en soi. Une inspiration n’est pas meilleure qu’une expiration. L’un vit avec l’autre. L’un ne pourrait être orphelin de l’autre sinon ce serait la mort. Les yeux se posent sur cette nature sans cesse florissante qui même au creux de l’hiver attend patiemment son heure. Elle pèse et ssoupèse le moment où elle renaîtra de cette nuit obscures pour proposer à nos yeux ébahis toute la beauté qui émane d’elle. Courir vers où, vers quoi. Vers rien peut-être. Faut-il nécessairement un but à l’existence. L’existence ne peut-elle se suffire à elle même comme le soleil se suffit à notre peau lorsqu’il nous réchauffe. Je cours mais je ne m’arrête plus. Je fonds droit devant vers l’inconnu. Cette inconnu qui fait que chaque moment de l’existence est à découvrir. Qui fait que chaque nouvelle respiration peut peut-être s’avérer être la dernière.