Vert pâle

Le sol jonché de cadavres rend grâce aux dernier vestiges de l’avant. Las d’avoir exulté durant de nombreux jours, ils s’ennivrent aujourd’hui sous le pas pressant des passants. Décimés, ils sont couchés à même le sol, rendant leur dernier soupir, certain du devoir accompli. Eux qui il y a encore quelques heures resplendissaient dans une salon et brillaient de mille feux, ils sont comme le vieillard à qui la vie n’a plus rien à donner. Rejeté au beau milieu de la foule, ils attendent patiemmment que la mort vienne les chercher. Grandeur et décdence sont leur lot annuel, plus la poutre qui les a fait grand s’amenuise, plus ils s’invitent au banquet des libres penseurs. Le poête a bien compris cela et taille sa dernière plume dans l’écorce encore fragilisée par la nuit. S’abreuvant de l’air ambiant, leur respiration se fait halletante. Ils ne craignent plus rien. Ils savent qu’ils ont donné le meilleur d’eux mêmes et qu’aujourd’hui, ils peuvent jouir du repos éternel.

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