Aujourd’hui n’est plus hier

Il regarde derrière lui. Il les voit tous allignés comme un peloton d’exécutation prêt à armer leur fusil. Il ne sera plus leur innocente victime. Il l’a décidé. Ses liens ont disparu et ne lui appartiennent plus. Hier encore alors qu’il se croyait enchainé à eux, il a compris en un instant que ces chaînes étaient illusoires. Que libre, il l’était déjà et ce depuis toujours. Il ne les entend plus crier, ni vociférer. Il s’est coupé de tout ce bruit ambiant. Il ne voit plus que des lèvres bougées au gré  des mots invisibles qui autrefois l’auraient touché. Il les voit gesticulé dans tous les sens, se débattre comme des enfants se débattent lorsqu’ils n’ont pas envie d’être embrassés. Un nouveau jour se lève pour lui. De nouvelles espérances peuvent enfin naître car il accepte désormais que tout ce qui n’est pas viable dans ce présent est désormais mort. Son chemin c’est désormais  lui de le tracer. Il sait qu’il ne peut compter que sur lui même. Qu’il est l’artisan de sa vie. Le matin calme a déposé son lit de souvenirs au banc des vieilles réprimandes. Elles s’évaporent l’une après l’autre. Elles se disloquent dans le ciel comme une vapeur d’eau s’échappant d’une bouloir. Plus rien désormais ne reste de tout ce fracas qui peuplait jadis sa vie. Oui, il a décidé de ne plus les écouter mais ne tndre désormais l’oreille vers cette petite voix qui tendait à s’essouffler chemin faisant. Il a envie d’y croire. Enfin…

Naissance

Derrière les murs de silence, le chaos a élu domicile. La moindre brise fait s’envoler la feuille qui encore accrochée à sa branche se croyait invulnérable. De l’autre côté de ces quelque briques, une fleur s’épanouit au soleil. Elle a croisé le sourire de son amie la pluie qui lui a fait gouter de ses goutes de vie. Bien enracinée dans le sol, elle se sent à l’abris de tout. Rien ne vient la déstabiliser. Même les pas sourds et lourds du chasseur ne la font plus sursauter. Même le bruit des grelons s’abattant sur le sol ne peuvent plus l’effrayer. Elle est paisible et sereine. Elle s’est fondue dans ce silence. Elle entend à l’autre bout du jardin le bruit assourdissant du monde. Elle distingue cris et peurs mais ne peut les toucher de ses pétales dorées. Elle est bien là où elle est. elle a trouvé sa demeure et ne souhaite plus en bouger. Le ciel la recouvre d’une carapace de lumière et l’abrite de toutes les tempêtes. Le soleil la réchauffe de ses rayons vivifiants et l’enveloppe d’un amour incommensurable. La terre la nourrit à chaque instant du jour et de la nuit, l’abreuve de son énergie et la protège en tant que mère nourricière. Pourquoi quitterait-elle cet endroit elle qui l’a recherché durant tant d’années. A l’aube de cette nouvelle vie, elle se délecte de ce bonheur. Elle n’a d’yeux que pour la pâquerette et le pissenlit qui semblent eux aussi avoir trouvé l’endroit parfait où s’élever vers les hautes sphère de leur existence éphèmère. Elle est et ne demande ni n’attend rien de plus.

Dégel

Le bonhomme de neige a perdu de sa splendeur. Il ne sourit plus de son air glacial. Dans quelques heures, il n’en restera plus qu’une simple flaque d’eau qui s’évaporera au firmament des grandes espérances. La vie qui semblait s’être figée depuis que le froid brumeux avait pris ses quartiers, a désormais repris ses droits. L’engourdissement de ce corps qui semblait meurtri par un passé encore non résolu se remet à battre. Le sang froid s’est transformé en sang chaud. L’énergie coule à nouveau à flot. Rien n’est jamais perdu. La nature est là à chaque instant pour nous le rappeler. Et lorsqu’au devant de ces scènes apocalyptiques, tout semble s’être refroidi, derrière on entend toujours le chant des oiseaux qui ne cesse de retentir. Jour après jour, ils demeurent présent malgré le froid rigoureux d’un coeur suspendu au vide. Présent comme ils le sont toujours, ils entonnent leur plus belle mélodie sans rien en attendre. Le plaisir est là. Ni le froid, ni la pluie, ni le vent ne les arrêtent. La nature est mon maître. Une école de la vie d’où je retire mes plus grandes leçons. Aujourd’hui, le froid a disparu. La chaleur revient peu à peu. Demain, il en sera peut-être autrement. Ainsi va le courant de l’existence…

Blanc immaculé

Les flocons de neige glissent sur le sol brûlant de mon amertume. Ils s’enfoncent un peu plus profondément et creusent le sillon qui me mènerait au centre de la terre. Un large tapis blanc recouvre la noirceur de mon ennui. Un à un, je fais le décompte de toutes ces années perdues et je les vois s’évaporer tel une bulle de savon touchant terre. Une rose se retient à cet absurde instant. Ses pétales fragilisés par le froid ne sont plus dignes de tenir respect à la vie. Mais elle s’accroche, éperdument. Sûrement qu’elle estime que tout cela a un sens et que sa vie ne sera jamais perdu même lors des périodes les plus rigoureuses. La neige ne cesse de tomber sur les larmes de mon passé. Encore et encore,, inlassablement, elle recouvre les souvenirs perdus et les espoirs déchus. Elle attend les premières chaleurs. Elle sait qu’à la première lueur du soleil, elle libèrera tout ce potentiel enfoui. La nature alors pourra refleurir et sortir de sa torpeur. Une vie nouvelle pourra commencer. Ainsi va le courant des saisons.

En moi

Maintenant que j’ai vu,

Je ne peux me retourner,

Regarder ce passé,

Qui m’a tant de fois troubler.

 

Je voudrais désormais pardonner,

a toutes ces personnes que j’ai si souvent flagelé,

Queje ne suis jamais parvenu à remercier,

Tant elles m’avaient chamboulé.

 

Elles ont donné leur meilleur,

Et c’est souvent leur pire que je voyais d’elles,

Elle sont fait de leur mieux,

Je ne voyais pas qu’elles aussi faisaient partie du grand jeu.

 

Si la vie offre souvent une seconde chance,

La sasir n’est pas chose aisée,

Comme si un lien me retenait,

Comme si une peur me prenait à la gorge.

 

Le soleil pourrait briller,

Le soleil pourrait enfin m’éclairer,

Je sais qu’il me reste encore du chemin,

Que la fin n’est pas encore pour demain.

 

Il me faut repartir au combat,

Contre cet ennemi qui joue avec ma foi,

Accepter qu’il fait partie de cette vie,

Accepter que c’est avec lui qu’il me faut traiter.

 

Se donner du courage,

Faire taire cette rage,

Guérir cette bête sauvage,

L’apprivoiser…

 

Et enfin l’aimer.

J’ai vu

J’ai vu,

Que les mots,

Ne pouvaient m’apporter,

Qu’une parcelle de vérité.

 

J’ai vu que la terre,

Sans moi,

Sans nous,

Ne s’arrêterait jamais de tourner.

 

J’ai vu,

Que la pensée,

Aussi noble soit-elle,

Etait un piège et me paralysait les ailes.

 

J’ai vu,

Que tout ce que je pouvais voir,

Se trouvait présent,

Naissant et mourant en cet instant.

 

J’ai vu,

Que le bonheur que je cherchais,

Avait l’odeur d’une friandise,

Et que j’avais le droit d’étaler ma gourmandise.

 

J’ai vu,

Qu’en demeurant attentif,

Qu’en restant connecté à la vie,

Disparaissaient désirs et envies.

 

J’ai vu,

Que c’est moi l’acteur,

Celui créée,

joie et pleures.

 

J’ai vu que la grandeur de cet existence,

N’était pas toujours là où on le pense,

Qu’une fois sorti de sa torpeur,

Pouvait nâitre une nouvelle ardeur.

 

J’ai vu,

Que si la vie pouvait me semble injuste,

Je pouvais le corriger,

Sans pour autant tout oublier.

 

J’ai vu,

Qu’au firmament de la nuit,

Naissaient et mourraient des étoiles,

Mais que ne disparaissait jamais leur lumière.

 

J’ai vu que tout était possible,

A qui voulait bien se connecté,

A son for intérieur,

A l’existence dans son entièreté.

 

J’ai vu,

Que rien n’était important,

Excepté la beauté de cet instant.

Requiem pour un fou

Q: J’ai pas envie d’être heureux, ça ne m’intéresse pas !

R: Mais si tu ne cherches que ça, tu n’aspires qu’à ça.

Q: Non, je ne cherche plus !

R: Mais tu ne fais ça que toute la journée.

Q: Non, je m’intéresse à cela mais sans attente de quelque chose.

R: Petit filou, tout ce qui t’intéresse c’est de voir les retombés de tout cela.

Q: Tu ne me connais pas !

R: Je te connais mieux que tu ne te connais toi même. Je vous connais tous d’ailleurs. Vous êtes tous fait dans le même moule.

Q: Comment peux-tu me connaître puisque tu n’es pas moi.

R: Je te connais mieux que ta propre mère ne te connait ou qu’elle croit te connaître. N’oublie que c’est moi qui t’ai créé.

Q: Il n’y a que la vie pour me connaître parfaitement.

R: Et qui penses tu que je puisse être ?

Q: Pour moi tu n’es qu’une voix dans ma tête.

R: Si je n’étais que voix dans ta tête, tu serais bon à être enfermé, non ?

Q: Je ne t’ai rien demandé, j’ai déjà assez à faire avec moi.

R: Tu ne m’a rien demandé mais je me permets d’intervenir lorsque je vois que quelque chose cloche et là il me semble que tu as besoin d’aide.

Q: Je n’ai besoin de personne si ce n’est de moi même.

R: Donc tu as besoin de moi puisque je suis toi. Avoue que tu cherches quelque chose.

Q: Je cherche à être bien comme tout le monde.

R: Tu cherches à avoir un état particulier mais ne vois tu pas que ce que tu cherches tu l’as déjà.

Q: Si je l’avais, ne penses tu pas que je me sentirais mieux.

R: Pour ça il faudrait déjà que tu parviennes à voir ce que tu as.

Q: Je ne veux plus avoir, je n’aspire qu’à être.

R: Tu vois, tu cherches encore autre chose, maintenant tu voudrais être.

Q: Je n’ai pas envie d’être comme la plupart des gens, à se perdre dans leurs fantasmes sur ce que devrait être leur vie.

R: N’as tu pas l’impression de toi aussi de te perdre dans des fantasmes sur ce que devrait être ta vie

Q: Non, je veux simplement ne plus en baver, pouvoir enfin profiter sans plus me poser toutes ces questions.

R: Qu’est-ce qui t’en empêche ?

Q: Quelque chose en moi.

R: Et qui est ce quelque chose ?

Q: Quelqu’un, un saboteur, il ne veut pas que je sois heureux !

R: Il y aurait donc quelqu’un qui t’en veux au point de ne pas vouloir ton bonheur.

Q: C’est tout à fait cela !

R: Qu’as tu pu faire pour mériter pareil châtiment.

Q: Ne te moque pas de moi, ce n’est pas simple à gérer tout cela.

R: Qui t’as demandé de gérer ?

Q: Personne ou alors encore ce même saboteur.Encore lui !Il m’en veut énormément…

R: A quoi ressemble t il ce saboteur ?

Q: Je l’imagine comme vicieux, pervers, sadique…

R: Tu l’imagines ?

Q: Ben oui, je ne peux pas le voir.

R: Tu ne peux pas le voir, voilà qui est intéressant…

Q: Ben oui, il n’a pas d’image.

R: Il n’a pas d’image mais tu lui permets d’exister.

Q: Mais il existe !

R: N’as tu pas l’impression qu’il existe seulement parce que tu lui permets qu’il en soit ainsi.

Q: Je ne sais pas…

R: Et moi, est ce que j’existe ?

Q: Sûrement puisque tu me parles…

R: Comment sais tu que tout cela est réel ?

Q: Parce que nous sommes en train d’avoir cette conversation.

R: Qui te dis que nous l’avons ?

Q: Parce que nous échangeons à ce que je sache.

R: Que sais tu de ce qu’il y est en train de se passer ?

Q: Ce sont des faits quand même…

R: Des faits que tu as posé mais en es tu certain ?

Q: Non… je ne peux l’être… mais alors qui est cette autre personne avec qui je parle ?

R: A toi de le découvrir…

Q: J’en finis par penser que toute ma vie est peut-être un énorme mensonge…

R: A toi aussi de découvrir cela. Demande toi si tout ce que tu vis a une réelle existence.

Q: Elle en a puisque je ressens tout ce que tu vis.

R: Et ce que tu ressens, peux tu le voir, le toucher ou le sentir ? Peux tu donner une forme à ce que tu appelles sentiment, émotion ou sensation ? Et tes pensées, peux tu en faire de même avec ?

Q: Je ne sais pas. Il m’est difficile d’avoir une réponse définitive là dessus…