Histoire de bruits et de silences

Les portes du tram venaient de se refermer. Un groupe d’enfants avait pénétré ce lieu déjà si bondé à l’accoutumée. Lui, tapis au fond de son siège, était plongé dans ses pensées les plus profondes. Il goûtait au moment présent et rien n’aurait pu venir le perturber. Pourtant, les éclats de voix et les rires de ces quelques adolescents réveillaient en lui un sentiment qu’il aurait cru évaporé. Son estomac commençait a ressemblé a une grande scène de music-hall ou danseurs et comédiens venaient se succèder l’un après l’autre. Lui qui avait fait de cet instant un moment pour se retrouver avec lui même, il se voyait d’un coup envahi intérieurement par des ennemis invisibles. Et c’est l’envahisseur le mieux cachée et qui est souvent celui le plus difficile à débusquer. Il décida néanmoins de rester concentrer. Ce n’est pas une bande de mioches qui va me pourrir ma journée, se dit-il. Mais rien n’y fit, le mécanisme était en route. La machine était sur les rails et plus rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Il les aurait bien pris un à un. Leur tête dans un éteau. Leurs membres écartelés pour que cesse ce vacarme intérieur. Il attendait la moindre erreur de l’un d’entre eux pour aller dire ce qu’il pensait de leur comportement. Tel un jockey dans les starting block, prêt à lancer sa monture au galop, lui frémissait d’impatience à l’idée de lancer son missile scud pour anéantir tout ce petit monde. Pourtant, tout autour de lui semblait calme. Personne n’avait l’air d’être perturbé par tout ce vacarme. Comme si cette scène n’était finalement réservé qu’à lui. comme si c’était lui qui avait chosi de vivre cela et que les autres passager vivaient eux quelque chose d’autre. Une drôle de sensation s’emparait de lui. Etait-il conscient de ce qu’il était en train de vivre ou s’agissait-il d’un rêve. Un rêve éveillé. Vivre le moment présent. Il en rêvait. Il ne se rendait pas compte que ce moment présent, il était là en train de se dessiner devant lui. Mais trop occupé à préparer son sac à dos pour aller combattre, il ne parvenait pas à en prendre conscience. Une grande vérité s’offrit dès lors à lui. Tout ce qui se déroulait là devant ces yeux ne pouvait en aucun cas être autre chose que ce qu’il cherchait depuis toujours. Et rien ni personne n’aurait pu venir l’en détourner si ce n’est lui même. Le végicule s’arrête. Les portes de réouvrirent et tout ce petit monde quitte le périmètre dans lequel il s’était installé. Un calme soudain fit son apparition. On se serait cru le soir au milieu d’une artère commerçante après la fermeture des magasins. Plus un bruit ne parvenait jusqu’à lui. Juste celui d’un silence profond. Mais pour combien de temps…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s