Le bonheur si je veux…

Tout le monde nous rabache les oreilles sur le bonheur. Comment être heureux, quelle en est la méthode, le bonheur est-il pour chacun, etc. Force est de constater que rien ne fonctionne. J’ai moi-même perdu des sommes considérables en ouvrages de ce genre et ai longuement déprimé en parcourant mon relevé de carte bancaire. Oui, le bonheur ça peut coûter très cher. Au-delà des ouvrages, de nombreux stages sont organisées tout aussi loufoques les uns que les autres. On nous propose de recevoir une énergie violette, d’apprendre à canaliser avec des esprits supérieurs, de méditer sur la lumière rose et j’en passe. Le commerce de la spiritualité s’est bien développé ces dernières années. De nouvelles professions du nom de « coach » ont vu le jour. On est coach en tout aujourd’hui. Coach en réalisation de projets, coach en relooking, coach en cuisine et bien sûr toujours coach sportif. Tout est donc fait pour apater le poisson dans le grand filet de pêche aux incrédules et désespérés de la vie. Et un poisson, j’en étais un gros, bien visible, dodu à souhait, ouvrant grande la gueule pour mordre à l’hameçon. A l’époque, je ne savais plus quoi penser de ma vie. Comme si elle ne parvenait pas à décoler. Un boulot qui me pèse, des frictions avec mon conjoint. Des amis, je n’en avais quasi plus car ils sont tous partis ne supportant plus mon caractère lunatique. J’avais pourtant bien essayé de compensser. J’étais devenu un compulssif sans m’en rendre compte. Une fashion spirituality victim était née. Et tout y passait pourvu que ça me permette de penser à autre chose qu’à mes problèmes. Du coup, si ma garde-robe ne débordait des derniers vêtements à la mode, ma bibliothèque elle était devenue en l’espace de quelques mois presque identique à celle d’un hypermarché. Ma boullimie pour la nourriture s’était aussi accrue. Je n’ai jamais autant grossi que depuis que j’avais décidé de devenir un bouddha. Et je peux dire que je n’étais pas loin d’atteindre mon objectif puique ma stature commençait à ressembler plus à celle d’un bouddha chinois qu’à celle d’un bouddha thailandais. Dès lors, je n’avais plus à faire qu’à une loque sans âme. Sans plus aucune réaction.  Restant prosternée toute la journée se demandant ce que j’avais bien pu faire pour mériter cela. Noyant mon chagrin dans le partage de mes malheurs sur des réseaux sociaux. Passant d’un séminaire à un autre pensant que la vérité allait m’être révélée. Dépensant des sommes astronomiques et constatant à la fin de la journée de stage que rien avait évolué. Un véritable cercle vicieux car moins je me sentais épanoui plus je cherchais. Et plus je cherchais moins je trouvais. Ce qui est cocasse dans ces cas-là, c’est que l’on va chercher des réponses chez les autres. Dis, tu ne pourrais pas me donner ton secret. Comment fais tu pour afficher un tel sourire tous les jours ? ( pensant, mais qu’est-ce qu’il me gave celui-là avec son sourir niais; Il pourrait pas être malheureux comme je le suis !). J’en finissais par détester ces personnes plus heureuses que moi. Elle n’en avait pas le droit. Du coup, je faisais ce que je pouvais pour saper leur morale. Discréditant tout ce qu’elle disait, j’avais trouvé comment assouvir mon manque d’amour envers moi même et souhaité que cela arrive aussi aux autres. On peut devenir sadique lorsqu’il s’agit de bonheur surtout s’il n’est pas présent dans notre vie. J’écris à l’imparfait mais je me rends que finalement je purrais écrire tout cela au présent car rien n’a changé depuis 5 ans. Oui, parce que toute cette comédie dure depuis 5 ans et peut-être aussi des millions d’années si on se réfère au karma et aux vies antérieurs chers à nos amis bouddhistes. Aujourd’hui, je pense avoir presque tout essayé. Et le constat est toujours le même: insatisfaction totale sur ma vie. J’attends patiemment mais fébrilement l’overdose. Tel un drogué, j’espère un jour ne pas survivre à mon dernier shoot spirituel. Je rêve de tomber inanimé à la lecture d’une enseignement qui pour lma énième fois m’aura dit quoi faire pour aller mieux. Que je sentirai comme un volcan prêt à rentrer en éruption, une dose trop forte d’adrénalyne qui me clouera sur place permettant enfin de faire rentrer la lumière qui elle doit finir par désespérer à force d’attendre…

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