Vois le chemin

Un moment,
Cesser de tourner,
Laisser l’avion se disloquer,
Piquer du nez,
Et s’écraser,
Se retrouver sur un île,
Au milieu de nulle part,
Etre livré à soi même,
Pouvoir faire face à ses haines,
Renaître au jour,
Découvrir l’amour,
Même s’il ne nous a pas été donné,
Même s’il nous faut encore le chercher.
Explorer les alentours,
Dessiner tous les contours,
Se retrouver face à soi,
S’émouvoir mais dans la joie,
Il ne s’agit pas,
D’un chemin de croix,
Il s’agit juste d’avancer,
A son rythme,
Sans angoisser,
Le résultat ne compte pas,
On progresse pas après pas,
Tous les jours,
Une découverte,
Toutes les secondes,
Une éclaircie dans ce monde.
Avancer heureux,
Prendre conscience de cette chance,
Aimer ce qui nous revient,
Aimer à se remplir les mains.

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C’est là…

Ne rien faire,
Ne rien attendre,
Ne rien entrevoir,
Ne rien espérer,
Tout le contraire,
De ce que nous sommes,
Tout le contraste,
De cette immense paradoxe.
Alors que rien n’est à faire,
Rien est à attendre,
Rien est à entrevoir,
Rien est à espérer.
Oui mais tout cela fait peur,
L’inactivité,
La non-action,
La fin de la recherche,
La fin de la fin.
Pourtant,
C’est derrière cela,
Que tout se trouve,
Mais pour laisser s’y conduire,
Il faut accepter de mourir.
Ce pas est mince,
En même temps il est immense,
Et pour y avoir goûté,
Je sais désormais,
Que je veux,
Et que je peux,
Y retourner…

Espoir

Cherchons-nous vraiment la paix,
Où cherchons-nous simplement à exister,
Etre visible,
Dans l’invisible,
Etre entendu,
Dans le silence.
Quelle est donc cette quête,
A toujours poursuivre,
Ce qui ne nous convient pas,
Ce qui nous éloigne d’Elle.
Tout est fait,
Pour que nous nous éloignons,
Pour que nous cessions d’espérer,
Pour que nous nous fermions à la vérité.
Pourtant,
Tout est là,
Caché,
Dans la jungle des pensées,
Dans la forêts des bruits.
Mais elle nous fait du bien,
Cette forêt,
On s’y sent protégé,
On s’y sent à l’abris,
A l’abris des autres,
A l’abris de nous-même.
On peut s’y cacher,
S’y laisser glisser,
Derrière une pensée,
Derrière de multiples visages.
Jusqu’au jour,
Où l’un des arbres meure,
Et qu’il faille le tailler,
Alors se dessine une ouverture,
Par laquelle on voit apparaître,
Le premier rayon de lumière.
Soudainement,
Tout ce qui nous paraissait obscure,
Commence à s’animer,
A se dessiner,
Et la confiance s’installe,
La foi grandit,
Qu’il y a autre chose,
Que ce quelque chose,
Que l’on prenait pour vrai.

Equilibre

Dans ce monde de bruit,
J’ai découvert un endroit,
Où demeurait le silence,
Mais que ce silence,
Ne pouvait exister,
Sans le bruit.
Et ainsi,
Il y va de ce monde,
Je n’ai pas besoin d’exclure,
Car tout ce qui m’entoure est pure,
Nul besoin de réprimer,
Ce serait comme nier une vérité.
Que le monde est ainsi fait,
Qu’il n’y a ni beau ni laid,
Que tous les deux forment un tout,
Comme la terre fait partie du trou.
Si je n’avais pas connu la douleur,
Je n’aurais jamais goûté à la guérison.
Si je n’avais jamais connu la colère,
Je ne pourrais goûter à la quiétude,
Si je n’avais jamais connu la tristesse,
Je n’aurais jamais goûté à la joie.
Si je n’avais jamais connu le malheur,
Je n’aurais jamais gouté à l’amour.
Le monde est cela,
Et le nier équivaudrait à refuser,
Une partie de ce dernier.
Une partie de nous.
Tout a sa raison d’être,
Je suis votre raison d’être,
Et vous êtes ma raison d’être.
Alors soyons en toute équanimité.

Où aller,
Si ce n’est ici,
Où se rendre,
Si ce n’est en moi.
Pourquoi attendre,
Ce que je peux rejoindre,
Pourquoi vouloir,
Ce que j’ai déjà.
Qui vénérer,
Puisqu’il n’y a personne,
Qui écouter,
Puisqu’il n’y a qu’elle.
Comment y parvenir,
Il n’est pas nécessaire de s’y rendre,
Comment pratiquer,
Puisqu’il n’y a rien à faire.
Combien de temps,
Le temps n’existe plus,
Combien d’années,
Quand tout est déjà manifesté.
S’interroger,
Pour quoi,
Pour qui,
Alors qu’il n’y a rien à trouver,
Puisque que j’y suis déjà,
Puisque je peux y demeurer,
Toute est une question,
De disponibilité.

La peur

La peur est légion,
Le monde nous fait peur,
Aimer nous fait peur,
Vivre nous fait peur,
Et cette peur,
Est entretenue,
Par tous,
Par vous,
Par nous,
Dans les journaux,
Dans les discussions,
Dans les débats.
La peur,
Est tellement présente,
Que s’efface,
L’essentiel,
La vie,
Dans toute sa splendeur,
La joie,
Et le bonheur,
D’être là,
Présent en ce monde,
Présent à ce monde.

Ce monde est,
A quoi bon vouloir plus,
Aucune prise sur lui,
Aucun désir de le modifier,
Pourquoi le changer,
Changer c’est ne pas accepter,
Ce que l’on a,
En face de nous.
Et ce que l’on a en face,
Pourquoi en demander plus,
Simplement parce que,
Cela ne nous satisfait pas.
Alors que,
Etre,
Simplement,
Demeurer,
Se reposer,
Se libérer,
De tous ses tourments,
De tous ses besoins,
Que l’on s’est créé,
Que l’on se créée encore.
Inutile,
Futile,
Rien,
N’est plus important,
Que ce moment,
Au sein duquel,
Je peux demeurer.
Que je peux rejoindre,
A n’importe quel instant.
Il y a,
La vie est,
Et cela devrait suffire,
Ai-je besoin de plus,
Que ce qui est,
Ne suis-je pas encore assez fatigué,
De toujours m’agiter,
Reconnaître,
Que je ne peux pas plus,
Que je ne peux pas moins,
Que je ne peux rien.
Rien de plus,
Que je n’ai déjà,
Et qui devrait me suffire.