Vivre et m’accepter

S’empêcher d’être soi,
S’empêcher d’être moi,
De vivre une vie par procuration,
De n’être qu’un merle perdu au milieu des feuillages.

Suivre le mouvement,
C’est un peu comme essayer d’attraper le vent,
Systématiquement il nous échappe,
Il est libre d’être ce qu’il est.

Je voudrais être comme le vent,
Et ne jamais m’arrêter de tourner,
Vivre mes aventures,
Me perdre dans la nature.

Sans m’accrocher à des lois,
Sans vivre une quelconque foi,
Juste être moi.

Ne plus avoir peur des regards,
Ne plus craindre les quand dira-t-on,
Accepter les opinions,
Être en toutes circonstances.

Faire comme l’oiseau,
Se posant sur un radeau,
Sans se soucier du temps,
Demeurant dans l’éternel instant.

Je voudrais être le loup,
Qui ne sort de sa tannière,
Pas pour faire sa prière,
Mais pour se reconnecter à la terre,
Marchant sans destination,
Respirant sans vraiment respirer.

La vie à tout à m’apprendre,
Et j’ai tout à apprendre d’elle,
Elle est ma bible mon éternité,
En elle naît toutes les vérités.

Quand ?

Dans cette vie qui est mienne,
Rares sont les moments paisibles,
Je me laisse emporter par les affres de mes sentiments,
Je me noie au milieu de tous mes ressentiments,
La barque tangue,
Mais ne s’échoue pas,
Elle résiste aux tempêtes,
Se surprend à demeurer fière face au vent,
Ne laisse pas emporter ses rames,
Ne laisse pas couler ses occupants.
Tant que cela tient,
Tant que le bois ne s’effrite pas,
On y croit,
On a la foi,
On espère que le voyage perdure,
Que tous ces chocs,
Ne se rompent pas sous notre armure,
Et puis il y a certains coups bas,
Ceux que l’on a pas réussi à esquiver,
Ceux qui ont réussi à nous toucher,
Et comme on est un bon petit soldat,
On s’empresse de riposter,
Au risque d’être encore plus blessé,
On jouit de ce moment,
On se délecte de la victoire,
Mais très vite on sombre dans le noir,
On s’enfonce à nouveau dans le désespoir,
Et jusqu’à ce qu’on ait compris,
Jusqu’à ce que la vie nous ai tout pris,
On commet les mêmes erreurs,
Avec toujours la même ardeur,
A tomber dans les pièges,
A tourner sur le même manège.
Combien de temps me faudra-t-il,
Pour que déclic se fasse,
Pour que jeunesse de l’esprit passe,
Quand est-ce que je comprendrai,
Qu’à force de vouloir lutter,
Je me perds dans cette immensité,
Qu’à force de toujours résister,
Je m’éloigne de la vérité.

Attention, vous n’allez peut-être pas apprécier ce que vous allez lire…

… Mais voilà, il est nécessaire que je vous en entretienne. Peut-être n’accepterez-vous pas encore aujourd’hui ce que vous vous apprêtez à lire mais qui sait, un jour. Notre vie est parsemée de règles, de conventions, d’attitudes à avoir plutôt que d’autre. Certains nous invitent à être blond, grand et fort. D’autres à croire en dieu, à croire en quelque chose ou à ne croire en rien. Certains aussi nous invitent à aimer, à partager, à donner et que dans le cas où on ne se comporterait pas de la sorte, on serait taxé d’égoïste. La vie nous demande aussi à ne pas dire du mal des autres, à ne pas voler, à ne pas tuer, parfois à ne pas rêver. Bref, on nous impose un diktat moral et cela dure depuis la nuit des temps. On a beau nous faire croire que vivre de la sorte ne peut que nous procurer du bien être et un certain bonheur tout relatif, on se rend bien compte que cela n’est pas le cas.

Beaucoup parle à notre place mais personne ne nous laisse nous exprimer. Mais en toute franchise, avons-nous le désir de nous exprimer. Car finalement, cela nous arrange bien de nous taire. Cela nous arrange bien de nous laisser guider par des maîtres à penser et à faire. Ainsi, cela nous laisse plus de temps pour nous adonner à nos plaisirs, nos loisirs, tout cet ensemble d’activités qu’une nouvelle fois on nous sert sur un plateau histoire de garder le silence et de toujours rester muré dans notre petite routine. C’est si bon la routine. Gagner de l’argent, écraser l’autre, se faire sa place, engueuler son employé, faire croire aux enfants que l’on sait ce qui est bon pour eux alors que l’on ne sait même pas ce qui est bon pour nous.

Tout cela dure depuis des années. Parfois, cela ne s’arrête même jamais. Ou alors, il faut qu’une épreuve fasse qu’un réveil s’opère. Alors on se dit: et si ma vie était plus que ça. Mais généralement, dès que l’on se sent mieux, on retombe dans nos vieilles habitudes. Surtout ne pas prendre sa vie en main. Surtout pas, de toute manière, d’autres sont là pour nous faire croire qu’on l’a bien en main notre vie. Jusqu’au jour où on se rend compte que finalement on ne contrôle rien. On est juste en pilotage automatique. Les banques s’occupent de notre argent. La religion s’occupe de notre croyance. Les parents et le système scolaire s’occupent de notre éducation. Les règles et les normes imposés s’occupent de notre moral. Et enfin, la société de consommation s’occupe de nos loisirs, de la façon d’ont on s’habille et dont on se nourrit. Que nous reste-t-il. Même notre respiration, nous ne la contrôlons pas.

Maintenant, vous pouvez demeurer dans cet état de fait. Après tout, cela dure depuis des millénaires alors pourquoi changer. Par contre, si vous voulez que cela cesse, je vous invite non pas à reprendre votre vie en main mais à la prendre. Car il s’agit bien d’en être responsable et de ne plus laisser les autres s’en occuper pour nous. Cela fait un choc, n’est-ce pas, de se savoir manipuler par de vieilles croyances, pas de vieux dogmes, d’être sous l’emprise de schémas répétitifs qui font de nous des marionnettes. Il est encore temps. et oui, ce sera dur. On ne sort pas du vieux système indemne; Et surtout, on ne vous laissera pas vous envoler sans tenter de vous retenir. Vous y perdrez des plumes. De la famille, des amis mais au final, vous aurez fait la plus belle chose que vous puissiez faire: vous prendre en main. Etre l’acteur de votre vie. Cessez d’être le claque d’un autre. Le copion du voisin. La photocopie d’une société complètement à la dérive.

Croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle.

L’aventure spirituelle

Qu’il semble simple d’écouter un tiers,
Qu’il semble compliquer de s’écouter soi-même,
De vivre sans certitudes,
D’accepter de tout remettre continuellement en questions,
De ne pas prendre les chemins balisés,
Mais de s’aventurer sur les sentiers plus tortueux.
Quelle est la raison qui nous empêche de vivre en restant connecté à nous-même,
D’être seul face à la réalité,
D’accepter de la regarder,
Au lieu de la rejeter,
De s’en créer une autre,
Inventée de toutes pièces,
Emanant de l’esprit d’un autre,
Ne tenant jamais compte,
Du monde d’aujourd’hui.
Qu’il semble plus simple de suivre un programme,
Que quelqu’un nous aurait concocté,
Qui avec le temps,
Aura fini par nous lobotomiser la conscience,
Au lieu de l’ouvrir,
A la lumière de la vie.
Partir à notre découverte,
Nécessite du courage,
Car on se retrouve seul,
Face à soi,
Face au monde,
Face à nos émotions,
Face à nos vieux mécanismes,
Face à ce reflet qui nous fait mal,
Mais ce miroir est le nôtre,
Et se regarder dans celui d’un autre,
Ne peut que nous égarer de nous-même,
Il faut oser,
Oser se perdre,
Oser avoir mal,
Oser sortir des sentiers battus,
Et ranger les vieilles cartes,
Mais sommes-nous prêt à nous y aventurer…

M’évader

Je suis un prisonnier,
Je vis dans ma prison dorée,
Pourtant je voudrais m’en échapper,
Mais qu’il semble compliqué de s’en évader,
Car devant ma geôle,
Sont postés des gardiens,
Ceux-ci se nomment,
Société,
Culpabilité,
Peur,
Education,
Croyance.
Et,
Lorsque je tente de les contourner,
Inévitablement,
Ils me suivent,
Du regard,
Comme mon ombre.
Ils se rappellent à moi,
Ils font que je me remémore,
Qu’il ne faut pas me leurrer,
Car finalement,
Je m’y sens bien,
Dans ma cellule,
J’ai tout le confort,
Je n’ai à pensé à rien,
On pense pour moi,
Je n’ai juste qu’à acquiescer,
Et si d’aventure je m’y refuse,
C’est là que les ennuis commencent,
J’ai tenté de combattre ses gardiens,
Mais je trouve plus fort que moi,
J’ai tenté de les amadoué,
Mais ils ne sont pas dupes,
J’ai aussi essayé de les aimer,
Mais je n’y suis pas parvenu.
Je vois la sortie,
Cette lumière qui n’est pas loin,
Je sais que je m’en approche,
A moins…
Qu’elle ne soit déjà là,
Mais que je ne la vois pas.

Bas les masques

Pourquoi toujours vouloir être,
Un ersatz de nous-même,
Une pâle copie d’un autre,
Un calque d’une fausse réalité.
Pour quoi ne pas simplement être,
Rien de plus,
Juste soi,
L’ombre,
Et la lumière,
Le jour,
Et la nuit,
Point besoin de ressembler,
Ou de copier,
Point besoin d’être lui,
Et de s’oublier soi,
Etre ce que l’on est,
Pas avec ses qualités ou ses défauts,
Mais avec ce qui nous compose,
Ce qui fait de nous,
Un être à part entière,
Pourquoi toujours chercher,
A être parfait,
Pourquoi toujours aspirer,
A devenir sage,
Pourquoi ne pas être simplement,
Tout à la fois,
Dans son entièreté,
Pas juste l’un ou l’autre,
Tout,
Dans son ensemble,
En se séparant des étiquettes,
En laissant tomber les masques,
En cessant d’être une définition,
Un concept,
On est plus que ce que l’on veut bien croire,
Mais on ne s’autorise pas à l’être,
Parce que c’est mal,
Parce que on a peur du jugement,
Mais le seul jugement,
Est celui que nous nous portons tous,
Le jour où nous cesserons,
De nous condamner,
D’être,
Ceci ou cela,
Ce jour-là,
Simplement,
Nous serons…

Désapprendre et réapprendre

Déconstruire,
Pour mieux reconstruire.
Désapprendre,
Pour mieux réapprendre.
A se connaître,
A savoir qui on est,
Sans attendre quoi que ce soit,
Sans ne bénéficier d’aucune aide.
Je suis seul,
Face à ce monde,
Mais je suis surtout seul,
Face à moi,
Face à cet âme qui se façonne,
Qui se confectionne,
Maille après maille,
Tel un tricot,
Qui deviendra avec le temps,
Un pull bien chaud.
Là j’ai encore froid,
Mais j’apprivoise ce froid,
J’apprends à vivre avec lui,
Je sais que tous les deux on peut être amis.
J’ai décidé de tout oublier,
Toute cette masse que j’avais mémorisé,
De nettoyer le disque dur des souvenirs,
Car rien ne sert de penser,
C’est maintenant,
Qu’il me faut agir.