Sounds of silence

Tous les sons ont leurs silences. Tous les silences ont leurs envolées fugaces menant au temps des joyeuses retrouvailles, de rendez-vous que l’on s’est fixé avec nous-même. Reprendre vie, saisir à nouveau les murmures du temps qui passent et qui se greffent sur les tréfonds de notre âme. La neige froide enveloppe l’hiver et recouvre les sommets de blanc immaculé que seul le printemps viendra faire fondre à l’ode des premiers frémissements de la nature renaissante. Alors la vie se remettra en mouvement et dépareillé de sa longue hibernation renouera contact avec les chants des passereaux et des moineaux. Le silence peut alors se faire bruit même si de ce bruit aucun son ne sort. La résonance des battements du coeur suffit à faire vrombir les artères, long ruisseaux menant à la source de tout amour divin. Et quand l’émerveillement aura fait place à la fragile pureté de l’être, les voiles tomberont pour ne laisser comme décors que la totalité de la vie. Alors le bourdonnement de l’abeille qui vient butiner la fleur pourra être saisi comme le plus beau des sons, comme la plus pure des offrandes que la vie a à nous procurer.

Lumière

Lumière, intense, evanescente.
Fragments du temps que la vie garde à jamais,
Elle aveugle comme le phare cerne le bateau,
Comme la voile enrobe le marin.

Vestige du temps passé,
D’une moisson encore non récoltée,
Esprit de la nuit,
Qui éclaire nos âmes évanouies.

Sa floraison n’a d’égal,
Que le plus délicat des pétales,
S’engouffrant dans les abîmes sombres,
Redonne espoir au plus grand nombre.

Reflet posé sur la fenêtre,
Se démultiplie au fil des instants,
Eternel verbe incarné,
Eternel moment.

Je…te…vous…me… pardonne

Je te pardonne,
Toi qui m’a blessé,
Toi qui t’es caché,
Toi l’homme en mal d’être, toi qui cherche encore à te sauver.

Je te pardonne,
Toi qui ne pouvait garder,
Toutes ces souffrances vissées au fond de ton coeur,
Et qui du jour ou de la nuit fonds en larme de peur.

Je te pardonne petit oiseau blessé,
Petit homme devenu grand,
Qui craint encore le vide,
De tomber et ne plus te relever.

Je vous pardonne,
Hommes dont le coeur brisé,
avez cherché à vous élever,
derrière des idées caricaturées.

Je te pardonne toi l’assassin,
Toi qui a peur du soleil qui se lève,
Toi qui craint que ton histoire ne soit brève,
Tu te caches de tes douleurs et attend qu’elles se meurent.

Si seulement je pouvais tous vous pardonner,
Vous qui m’avez tant aimé,
Vous qui vivez dans ce brouillard,
Vous qui cherchez ou qui avez perdu votre phare.

Que la lumière puisse être,
Et me libérer de ces ténèbres.

Que la lumière soit,
Et me redonne à nouveau la joie.

La foi…

De juste être MOI.

Imaginez…

Imaginez,
Vous nagez en pleine mer et vous commencez à ressentir la fatigue,
Qu’allez-vous faire ?

La plupart du temps,
Vous débattre, battre des bras et des jambes dans tous les sens,
Résultat: vous coulez

Imaginez maintenant que,
Vous décidez d’économiser vos forces,
De nager à votre aise jusqu’à la rive
Résultat: vous êtes sauvés

La vie, c’est cela,
on se débat
on s’agite
on s’énerve

parce qu’elle ne nous convient jamais
parce qu’on voudrait autre chose

une autre vie
à notre image
Car on ne veut pas de celle qu’on nous propose là

De là nait l’insatisfaction
la frustration
et donc la souffrance

Alors que,
l’accueillir telle qu’elle se présente,
Avec ce qu’elle nous réserve de beau,
Avec ce qu’elle nous offre d’épreuves.

Le beau nous sert à souffler,
Les épreuves nous permettent d’évoluer.

Tout sert,
Rien n’est à jeter.

Cessons de lutter,
Contre ce qui est.

Car nous ne ressortirons jamais gagnant,
De ce combat perpétuel.

Accepter ce qui est,
Sans conditions,
C’est ouvrir en soi,
Une parcelle de liberté,
Et la faire grandir,
Jour après jour.