Je n’ai aucune certitude si ce n’est celle de ne pas savoir

Renoncer à vouloir savoir. Renoncer à vouloir comprendre. Déposer les armes. Se rendre à l’évidence. Aucune de nos questions n’a de réponse. Qui suis-je ? Je suis ce que je représente. Un amalgame de cellules qui un jour se sont rencontrées pour former un corps humain. Ai-je une âme ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Une nature divine ? C’est un peu présomptueux mais qui pourrait affirmer le contraire ? Qui pourrait l’affirmer également… Je n’ai aucune certitude si ce n’est celle de ne pas savoir. D’où viens-je ? Personne ne peut réellement le dire. D’un autre monde ? D’une multitude de vies antérieures ? Ou suis-je le fruit de la création divine? Encore ici, y a-t-il une seule et une possibilité de réponse à tout cela ? Où vais-je ? Là où le vent me porte. Le destin ? Oui, peut-être. La chance ? Qui sais. La providence ? Cela se peut. Mais encore une fois, je ne peux être certain de rien car il me faut être honnête avec moi-même, avec le monde: je ne sais pas. Je ne saurai jamais d’ailleurs. Juste des suppositions. Des théories que je peux élaborer inlassablement. Toujours et encore extrapoler. Je peux y passer ma vie. Et puis ? A quoi cela va-t-il me servir. Je mourai sans vraiment savoir. Dans l’incompréhension totale. Il me restera toujours un doute. Car qui peut se targuer d’apporter LA réponse. Celle qui changera la perception que l’on a du monde, de nous. Qui le peut ? Quelqu’un l’a-t-il déjà fait ? Beaucoup s’y sont pourtant essayés. Mais ces tentatives sont aussi nombreuses que les grains de sable que l’on peut trouver dans un désert. Alors à quoi bon continuer à souffrir de cette soif de vouloir savoir absolument. Voilà la vraie raison. Voilà ce que qui nous empêche d’être heureux. Ce besoin de savoir. Ce besoin de répondre à toutes ces questions qui n’ont pas vraiment de réponses. Juste des suppositions. Mais supposer ne signifie pas être certain. Supposer c’est entrevoir, extrapoler. Rien de plus. Nous survolons un territoire, celui de la connaissance et tout comme un avion qui vole dans les airs, il ne pourra jamais vraiment distinguer ce qu’il se passe au-dessous. La question qu’il nous faut maintenant nous poser est: sommes-nous réellement heureux de cette recherche continuelle de la vérité? Quelle vérité ? Car qu’est-ce que finalement la vérité ? Une douce chimère que l’on ne peut toucher. Qu’il nous est impossible de palper. Car oui, la seule certitude que je peux avoir c’est d’être certain que je ne saurai vraiment jamais. Et justement, cela permet d’entrevoir un nombre considérable de perspectives. Car quand on ne peut pas savoir, quand on ne peut pas apporter de réponse définitive, l’esprit et la conscience restent totalement ouvert à ce qui est. Plus besoin d’être dans le jugement, la conceptualisation. Ce qui est est. Lorsque j’observe le soleil, je n’ai pas besoin de savoir d’où il vient, comment il est né, si un jour il mourra. Le soleil est tout simplement. il est présent et me réchauffe de ses rayons. Le reste n’a pas d’importance. La mort. Tout le monde la craint. Tout le monde aimerait savoir ce qui se passe au-delà de la mort. Est-ce que je reviendrai ? Est-ce que j’irai au paradis ? Peut-être n’y a-t-il rien après la mort ? Tout le monde une nouvelle fois y va de sa petite théorie. Mais personne ne peut apporter une réponse définitive. Alors à quoi bon chercher. Pourquoi continuer à entretenir cette peur que nous maintenons comme le couvercle d’une cocotte minute puisque de toute manière on ne sait pas. Abandonner l’idée de vouloir contrôler ce qui vient à nous. Nous ne le pouvons pas non plus. Parvenez-vous à contrôler le vent ? La pluie ? La voiture qui vous renversera ? La vieillesse qui vous tuera ? Acceptons l’augure que nous ne maîtrisons rien. C’est dur à accepter, n’est-ce pas. Pourtant c’est la réalité. Cette réalité qui nous rend si craintif sur la vie. Il nous est impossible de nous faire à l’idée que quelque chose puisse nous échapper. Il nous faut absolument devenir le maître de toute notre destinée. Mais encore une fois, cela n’est pas possible. Et vouloir s’y accrocher comme on le fait toutes et tous nous empêche d’être épanoui totalement. Mais vivre. Oui vivre. Se sentir vivant. Vous respirez, je vous apprends rien mais avez-vous seulement déjà penser l’espace d’une seconde que c’est cette respiration qui vous tenait en vie. Se réveiller à chaque instant comme si celui-la était neuf. Sans essayer de se l’expliquer ou de vouloir y donner un sens. Juste l’apprécier sans juger. Juste lâcher. Se mettre à nu comme un nouveau né qui a encore tout à découvrir. Dont les yeux s’écarquillent à chaque battement de paupière car pour lui tout est continuellement neuf. Retrouvons cette sensation que nous avions dès la naissance et que nous avons perdu aujourd’hui. Ne nous perdons plus en route. Nous ne savons pas le temps qu’il nous reste. Et pour une fois, regardons la vie en face sans systématiquement s’en détourner les yeux. Contemplons l’arbre du jardin pour ce qu’il est et pas pour la description que nous donnera un arboriste. Vivons auprès de nos contemporains qui eux aussi sont dans la même détresse, en leur faisant profiter des merveilles de la vie. Montrons-leur comme il est merveilleux de respirer, de voir, d’entendre, de sentir, de toucher, de goûter… DE RESSENTIR. DE VIVRE !!!!

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3 réflexions sur “Je n’ai aucune certitude si ce n’est celle de ne pas savoir

  1. Ceci est vraiment une belle paraphrase du fruit de nos conversations, du clavardage d’ordi que nous avons de temps en temps! Bravo! Tout est dit!
    De plus, c’est un texte qui gagnerait à être lu, autant qu’écrit; raconté, autant qu’ici gravé!
    Immense encouragement!

  2. Merci pour ce partage ..
    Quand les mots nous portent ..au delà de nous ..

    Ils me disent ce soir , à te lire , que je ne suis pas seule sur ce chemin qui me dit :
     » arrêter de chercher c’est se rendre Libre  » .

  3. Bonjour,
    je rejoins ce que vous écrivez (fort bien) dans ce texte. Je lutte beaucoup cependant pour savoir qui je suis. C’est aussi une forme de non savoir, la reconnaissance du tissus d’ignorance qui oriente mes pas. Sans doute une question de position aussi sur le chemin. Je débute. Mais n’est-on pas un perpétuel débutant? La réponse est l’origine de la question, comme pour toute question il me semble. Alors oui, pourquoi chercher?
    Bonne journée.

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