Equilibre juste

« En présence de choses agréables, comprenez qu’elles sont vides, dépourvues de substance. Quant aux choses pénibles, ne vous identifiez pas à elles, ne les faites pas vôtres, elles passent et disparaissent. »

Ajahn Chah

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Doute

Je me suis réveillé ce matin, l’esprit embrumé comme si le rêve que je venais de faire n’était pas encore terminé. Mes sens sont encore endormis mais s’il y a bien une chose dont je me rappelle est que j’y étais. Hier soir, avant de m’endormir, j’ai refermé un de ces livres. J’avais besoin de le lire, de l’entendre à travers les mots, d’écouter ce discours simple qui avait tant touché mon coeur.

J’étais donc au Village des Pruniers ou dans un endroit qui devait y ressemble car je ne m’y suis encore jamais rendu. Rêve prémonitoire qui annonce quelque chose pour bientôt. Ou rêve instructif pour m’imposer une fois de plus cette maudite réflexion.

Pourquoi est-ce que je doute. Pourquoi est-ce que je remets tout en cause continuellement? Quel est ce leitmotiv commun entre toutes mes remises en question ? Sont-elles salvatrices et annoncent-elles quelque chose de meilleur pour l’avenir. Ou suis-je trop en attente de ce mieux ?

Je doute, je doute, je doute… c’est affreux comme je doute…

Valeurs de vie

L’amour de l’autre, le respect des convictions de chacun et la tolérance envers son prochain, voilà à mon sens les seules valeurs que nous devrions suivre…

Esprit libre dans un corps libre…

Avec ou sans Dieu, c’est au choix…

Dieu, Bouddha, la Vie… un équilibre

Ce dimanche matin, alors qu’en plus de trente années de vie, je ne l’avais jamais fait de ma propre initiative, je me suis rendu à la messe. Cela fait plusieurs semaines que j’y pensais. Plusieurs semaines que je remets en cause ma spiritualité et la forme que j’y donne. Ma conclusion a été que je la gérais mal car allant trop dans l’excès, recherchant quelque chose dont je ne voulais finalement pas. Mon idée étant que pour être un parfait bouddhiste, je me devais de cesser de manger de la viande, de boire de l’alcool, de fumer, etc. ORGUEIL !, m’a répondu quelqu’un. Aujourd’hui, j’ai compris ce qu’il entendait par là.

Alors, en avançant dans ma réflexion, je me suis dit qu’après tout je n’avais pas à réfréner ma croyance en une force supérieure dont j’étais persuadé qu’elle nous protégeait là où elle demeurait. Oui, je crois en dieu et alors ? Cela ne m’empêche pas non plus d’avoir une foi inconditionnelle aux enseignements de Bouddha. Pourquoi finalement l’un n’irait pas de pair avec l’autre. Que je sache le bouddhisme n’a jamais prétendu la non-existence en un dieu, il n’a simplement pas abordé la question. Et le Dalai Lama, ne préconise-t-il pas pour nous occidentaux de conserver notre patrimoine spirituelle…

Cette remise en question m’a fait beaucoup de bien. Elle me permet désormais d’atteindre de qu’à mon sens, chaque personne devrait rechercher: le juste équilibre. Car s’il est bon de vivre selon des préceptes, il est aussi de bon augure de vivre tout simplement. La vie, ce n’est pas se restreindre, la vie c’est partager, recevoir, échanger et demeurer présent dans l’instant pour que chaque moment soit unique de par son existence.

Merci donc à Dieu pour veiller sur moi et pour tout l’amour qu’il me donne. Merci au Bouddha pour nous avoir donné la possibilité de nous libérer de la souffrance en ce bas monde. Et merci à tous les êtres humains sans qui je ne serais rien.

Conseils d’un Lama

Ce sont des extraits de conseils que Ringou Rinpoché a envoyés à ses étudiants. Puissent-ils être une aide et une source d’inspiration à ceux qui les lisent!

Concernant le sens de l’humour :

Je suis très content que vous vous sentiez mieux et que vous ayez retrouvé votre humour. Il est très important de traiter la vie comme si celle-ci était une petite plaisanterie. Il est bon de rire de soi-même ainsi que de chaque chose drôle ou moins drôle. Plus nous prendrons la vie au sérieux, plus elle le deviendra.

Concernant la compassion sans assumer la souffrance des autres :

Ce n’est pas si facile pour nous d’imaginer cet état car nous ne savons pas comment en faire l’expérience, mais il est dit que vous pouvez avoir de la compassion et ne pas ressentir la souffrance. C’est peut-être un peu comme être assis près d’un homme qui dort et qui est en train de faire un cauchemar. Nous savons alors que cet homme souffre et nous souhaitons qu’il se réveille, mais nous savons aussi que c’est juste un rêve et qu’il n’y a pas réellement danger.

Il est important de savoir que la peur n’est pas nécessaire.

Concernant l’attente dans nos relations:

Toutes les relations sont basées sur des attentes; et plus nous avons d’attentes plus nous avons des problèmes. Moins nous attendons des autres, plus nous pouvons apprécier les petits aspects positifs de nos relations.

Concernant la mort et le chagrin:

Si vous réalisiez vraiment qu’il n’y a pas de mort vous n’auriez plus peur de la mort et n’auriez plus de chagrin pour ceux qui sont morts. Mais jusqu’à cette réalisation, vous aurez et la peur de la mort et celle du chagrin. Si nous pouvons au-moins essayer de comprendre en profondeur l’impermanence, je pense que cela nous préparerait un peu pour notre propre mort et pour la perte des autres.

Concernant la méditation et l’apprentissage de la paix :

S’il vous plaît, pratiquez la méditation de Shiné comme je vous l’ai enseignée et restez simple et paisible. Naturellement, l’esprit deviendra clair. S’il vous plaît, cessez de penser à votre travail et essayez de faire une petite méditation. Détendez-vous et laissez votre paix naturelle briller d’elle-même. Faites ainsi que vous soyez assis, couché ou en train de marcher. Il n’y a pas de barrière dans votre méditation. Penser qu’il y a une barrière est la barrière. Il n’est pas nécessaire que quelque chose se produise, simplement détendez-vous, demeurez sans aucune prétention ni attente. Qui a dit que quelque chose devait se produire ?

Concernant la nature de l’esprit :

Connaître la nature de votre esprit n’est pas une chose intellectuelle, alors s’il vous plaît, laissez votre esprit naturel et peu à peu vous verrez qu’il n’y a rien à voir. Laissez les concepts et la connaissance se dissoudre et alors vous verrez de façon évidente la nature de votre esprit : il n’y a absolument rien à voir et ceci est parfaitement correct.

Concernant l’impatience :

S’il vous plaît, ne soyez pas impatient. Ne vous attendez pas de connaître toute chose en même temps, simplement méditez et apprenez à vous détendre. Un petit peu de jardinage est très bénéfique ainsi qu’une promenade matin et soir. Peu à peu vous comprendrez ce que je veux dire. Il n’est pas nécessaire de s’inquiéter.

Concernant la foi :

Les croyances peuvent être perdues, même la compréhension peut être perdue, même les expériences peuvent être perdues. Seulement la réalisation ne peut l’être, elle est la vue claire basée sur l’expérience directe, jusque là, vous ne pouvez pas totalement vous débarrasser d’un niveau de non-clarté. C’est pourquoi il n’est pas possible de dire que votre expérience est réelle ou illusoire, peut-être y a-t-il une petite poussière de compréhension venant de la vaste obscurité de l’illusion. Je pense que pour travailler sur ce point il nous faut être le plus réaliste possible, pas besoin de croire en quelque chose, simplement essayez d’être le plus vrai que vous puissiez être. Ceci est valable pour la recherche de la vérité, la pratique et la méditation. Soyons sans peur, sans préjugés et libre de nos chaînes forgées par nos habitudes et notre culture.

Concernant la dépression :

Quand vous rencontrez une période difficile, essayez de réciter le mantra de Tara et concentrez-vous sur une chaude et très brillante lumière blanche dans votre coeur, pensez qu’elle vous procure une joie et des sentiments agréables dans toutes les parties de votre corps. Lentement, laissez cette lumière rayonner de votre corps et apporter ces mêmes bienfaits à tous les êtres. Faites ceci quelques minutes et détendez-vous quelques minutes et alternez ces deux phases puis voyez comment vous vous sentez.

Concernant le fait d’être un bon être humain :

Nous ne devons pas voir le chemin comme un sentier étroit de randonnée mais plutôt comme une autoroute. Vous pouvez avoir d’innombrables véhicules sur une autoroute. Le but ultime est de sortir de nos réactions samsariques ce qui veut dire qu’il nous faut trouver les causes ou les racines de la souffrance et s’en débarrasser. Ceci est le but ultime pour la libération ou l’éveil et ceci nous permet de devenir vraiment un grand être humain. Pour accomplir cela, nous devons démarrer à partir de ce que nous sommes et la première et plus importante étape est de devenir une personne meilleure. Réellement, il est dit que pour pratiquer la voie du Bouddha il y a seulement trois choses à faire :

1. Ne faites pas de mal, essayez de trouver quels sont les actes qui blessent vous-même et autrui et essayez de réfréner ces actes par le corps, la parole et l’esprit.

2. Accomplissez le bien, essayez de trouver les actes positifs qui vous aident et aident autrui et essayez de les accomplir autant que possible.

3. Apprivoisez votre esprit, essayez d’apprendre comment travailler sur vos émotions négatives et tendances habituelles et essayez de les apprivoiser. C’est ainsi que la vue et la méditation se développent.

Tout ceci permet de devenir un meilleur être humain.

Transcender le samsara est le but, être un meilleur être humain est le moyen.

Concernant un bon enseignant :

De façon évidente, je ne suis pas le meilleur enseignant. Un grand enseignant devrait mieux connaître ses étudiants et devrait savoir exactement ce qu’ils ont besoin d’étudier. J’enseigne simplement à partir de mon expérience et de ce que j’ai appris des enseignements et de mes professeurs. J’essaye de transmettre à mes étudiants de la façon la plus équanime tout ce que je sais, j’essaye de faire qu’ils comprennent le Dharma aussi clairement que possible et j’essaye de clarifier ce qu’ils ne comprennent pas bien. Je leur souhaite à tous de progresser et m’efforce de les aider du mieux que je peux. Je ne sais pas comment prendre soin d’eux d’une autre façon.

Concernant l’attitude face au précieux Dharma :

Vous avez raison de croire que les choses ne seront pas toujours présentes et que nous devons être heureux et reconnaissants lorsque les choses vont bien. Nous devrions apprécier chaque chose bonne que nous avons. Nous devrions apprendre à accepter la douleur et la souffrance comme étant éphémères et peu fiables tout comme le sont les choses agréables et alors nous nous sentirons capables de leur faire face sans trop de peur ni de tension. C’est l’apprentissage de la vie paisible et joyeuse. En plus de cela, si nous pouvons faire quelque chose de bénéfique aux autres, alors notre vie aura été utile.

Tout est une question d’attitude et vous pratiquez le Dharma si vous avez une attitude correcte même si vous ne pratiquez pas de façon formelle.

Je pense que si on commence vraiment à comprendre le Dharma on ne peut plus le laisser derrière soi car on ne peut pas laisser la vérité, et en plus il n’y a rien à laisser. Tous les problèmes relatifs au Dharma viennent que l’on ne comprend pas le Dharma de façon correcte.

Concernant le samsara :

Le samsara est le samsara. La situation parfaite est rare et même si elle se produit elle change aussitôt. Nous devons laisser notre esprit se reposer et se détendre maintenant et dans toute situation dans laquelle on se trouve. Le temps de la paix et de la détente est maintenant, il n’y a pas à s’inquiéter de ce qui se passe autour de vous.

Il n’y a aucun bénéfice d’aucune sorte à être anxieux et abattu.