La libération de l’esprit

Je constate que depuis que je pratique le bouddhisme, de nombreuses questions incessantes viennent à mon esprit et cherchent désormais réponses. Auparavant, je me souciais peu ou prou de savoir qui j’étais, en tout cas pas dans un sens profond. Mais depuis, ma vie n’est plus qu’une perpétuelle remise en question. Je ne m’en faisais guère jusqu’au moment où j’ai pris conscience que ma pratique personnelle en pâtissait. Systématiquement, à chaque instant de la journée, j’étais en quête de réponses à mes interrogations. La sérénité, la plénitude et le calme faisaient place au besoin d savoir, de connaître, tout de suite, là maintenant.

Depuis le décès d’une connaissance proche, je ne cesse de m’interroger sur la mort et sur ce vers quoi nous irons tous une fois que nous ne se serons plus présent ici-bas. Ne trouvant aucune réponse à mes interrogations, j’ai compris que le moment n’était peut-être pas encore venu pour que lumière se fasse dans mon esprit. J’irais même jusqu’à penser qu’il n’y a aucune réponse possible à cette question. La faute à quoi ? La faute au fait que nous pensons encore en termes d’individualité. Nous pensons que nous avons une existence propre, que nous sommes un individu à part entière et que nous existons en tant que tel. Tant que nous aurons cette certitude, nous ne pourrons avancer dans notre démarche de comprendre. Nous pensons que la mort succède à la vie. Que la mort est une étape complètement distincte de la vie. Que la mort est et que la vie est. Alors que l’un et l’autre ne sont finalement que des mots créés pour donner un sens à notre esprit qui en a encore irrémédiablement besoin. Ceci est une table, ceci est une chaise, ceci est moi,…

Tant que nous penserons que chaque phénomène à une existence propre, intrinsèque et complètement indépendante, nous ne pourrons saisir la véritable nature de ceux-ci. Nous demeurerons dans l’état d’ignorance qui obscurcit notre esprit. Une solution s’impose. Oui, mais laquelle ? Je serais tenté de dire simplement : ETRE. ETRE présent. ETRE vigilant. ETRE attentif. ETRE vivant. La vie est un miracle dont nous devons prendre conscience à chaque instant. La vie est une chance qui nous a été donnée. Respirer est aussi une chance. Se nourrir en est une autre. Chaque moment est une chance, un miracle. En prenant conscience de ça, que chaque instant est propice à la découverte, l’ouverture, les barrières que nous avons posées autour de notre esprit finiront pas céder l’une après l’autre. Une fois celles-ci disparues, la vérité et la lumière se feront jour et toutes ces questions n’auront plus lieu d’être. C’est ainsi que je vois la libération de l’esprit.

Gatha

Gatha de ma composition pour faire face à une personne avec qui la communication est diffcile. Et j’en ai bien besoin en ce moment…

Je vois son visage,
Je souris,
Je perçois sa nature de Bouddha,
Je suis plein d’amour et de compassion pour elle.

Sila (les entraînements) – Samadhi (la concentration) – Prajna (la vision profonde)

Sourire radieux. Air paisible. Visage serein. Voix douce. Parole aimante.Il n’y a pas assez de qualificatifs existant pour rendre compte de l’impression laissée par ma rencontre avec Thich Nhat Hanh.

Samedi, arrivée à la Maison de la Mutualité 1h30 avant le début de la première conférence. Après un rapide tour des échoppes, installation dans la salle. Un décorum solennel a été installé. Les moines et moniales font leur apparition l’un après l’autre. Des chansons retentissent. Des voix autour de moi s’élèvent. C’est sûr, certains connaissent déjà les airs par cœur. Des sons de cloches retentissent. Thây fait son apparition. L’assemblée se lève pour saluer comme il se doit le vénérable maître zen. Des textes sont lus. Des mélodies sortent par unisson. Une méditation assise est guidée par Thây lui-même. L’enseignement peut commencer. Celui-ci porte sur les 5 entraînements à la pleine conscience. Des paroles simples. Des mots justes. Tel est le secret de cet homme qui a tout connu, les affres de la guerre jusqu’aux joies de l’illumination.

Dimanche matin, rendez-vous est fixé sur une grande artère parisienne.La paix en soi, la paix en marche, tel est le leitmotiv de tout un chacun qui a décidé de participer à la marche méditative organisée par Thây en personne. Le maître donne ses indications. La foule est nombreuse et malgré le silence respecté par tous, le brouhaha de la ville nous empêche de l’écouter distinctement. La marche prend son envol. Qu’importe le nombre, l’intention et la motivation de chacun sont bonnes et là est l’essentiel. Thây est présent à nos côtés même s’il se trouve quelques centaines de mètres plus en avant. Il est notre berger et tel un père, il veille sur nous.

Retour l’après-midi pour le second enseignement. Ce dernier porte sur la peur, les perceptions erronées, la vie, la mort et tout ça en pleine conscience. Car Thây ne cessera de le répéter. Ce qui prime, c’est de respirer et de vivre en pleine conscience de ses actes, paroles et pensées. Cela doit être une pratique quotidienne de tous les instants. Elle seule peut nous permettre d’avancer sur le chemin.

Merci à toi Thây pour toutes tes paroles emprunte de sagesse. Merci pour ton amour et ta compassion. Merci de nous donner de l’enseignement du Bouddha.

Une fleur de lotus pour toi !

Chez moi

Je suis chez moi, je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici et maintenant.
Bien solide, vraiment libre,
Je prends refuge en moi même.
Je suis chez moi, je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici et maintenant.
Bien solide, vraiment libre,
Dans la Terre Pure, je m’établis.

Texte: Thich Nhat Hanh, Musique: Monique Mayers

La fuite en Egypte

J’ai un peu de mal dans ma pratique en ce moment. Beaucoup de questions sont apparues suite au décès prématuré d’une de mes connaissances. Cela fait quelques semaines que je me demande à quoi rime finalement tout ce que je suis en train de faire puisque de façon inéluctable nous mourons tous un jour, tôt ou tard. Pourquoi dès lors ne pas jouir de la vie telle qu’elle se présente à nous sans avoir cette réflexion incessante sur le sens profond de notre existence.

Ma première réacton a été de fuir ce que j’étais en train de construire. Non pas que les enseignements ne me parlaient plus mais c’est plutôt la manière dont je les abordais qui me dérangeait. Ne trouvant pas d’autres solutions que la fuite (c’est tellement plus simple), j’étais donc prêt à tout envoyé balader. Tout remettre en cause et passer à autre chose.

Car finalement, ne voyant pas les résultats arriver, on fini par douter de nos capacités. Les émotions négatives sont toujours présentes, pourtant on tend à mettre tout en oeuvre pour évoluer positivement. Finalement, on se dit que soit je suis en train de me planter. Soit, je suis en train de me tromper de voie. Dans les deux cas, j’en étais arrivé à la conclusion que je demeurais dans l’erreur. De ce fait, j’avais annulé mon séjours à Paris pour ce week-end, conférences, hôtel et transport comme ça, d’un trait !

Et puis, hier soir, sur le coup des 23h, je suis tombé sur un fichier audio reprenant une interview qu’a donné Thich Nhat Hanh il y a de cela quelques jours. Sa voix douce et apaisante, pleine de vérités et de bon sens m’a redonné espoir. Espoir en une vie (encore) meilleure. Espoir en une délivrance que finalement je recherche tout autant que n’importe qui qui s’est engagé sur cette voix.

Ces deux jours en compagnie de Thây me permettront de faire le point, d’y voir plus clair et de repartir certainement sur de nouvelles bases. La vie peut être tellement simple, pourtant on fait tout ce que l’on peut pour se la compliquer. L’ignorance a vraiment élu domicile dans nos esprit. Puissions-nous un jour, toutes et tous autant que nous sommes, nous en libérer.