Prise de refuge

J’ai eu l’immense honneur de réaliser ce jour ma prise de refuge avec le très vénérable Ringu Tulku Rinpoche. Il m’est impossible de décrire ce moment tant il fut magique à mes yeux. Je ne peux pas dire que je suis devenu un autre homme mais je me sens comme libéré d’un poids. Je me sens comme vidé de quelque chose. Purger peut-être d’un certain mal que j’ai pu commettre dans des temps antérieurs. Rinpotche m’a insufflé de son amour, de sa compassion, de sa bonté et peut-être même un peu de sa sagesse.

A partir de ce jour et pour des temps immémoriaux, je dédierai donc ma vie à faire le bien. je me consacrerai plus aux autre qu’à moi. J’aurai une attention particulière pour autrui. Vous allez rire mais je me sens comme investi d’une mission, celle de cultiver de la compassion et de l’amour à destination de tous les êtres. Evidemment, ce n’est pas en un claquement de doigts que cela va se faire. Je me doute bien que la route sera longue et parsemée d’embûches. Et même si le doute ou la confiance s’éttioleront peut-être de temps à autre, ma foi en le Bouddha, le Dharma et la Sangha ne s’estompera jamais.

Au fait, mon nom qui m’a été donné au terme de la cérémonie est Jung Ney (traduction: la Source). La Source de quoi ? A moi de méditer désormais dessus…

Montrer la voie

Rencontre mémorable avec Ringu Tulku Rinpoche, grand maître de la lignée Kagyupa. Ma feuille de questions sous le bras, je pénètre dans une pièce aménagée pour l’occasion. Au fond, je le vois assis en lotus sur un siège en bois biseauté. Je le salue chaleureusement et il m’invite à m’asseoir à ses côtés. Et là, le courant passe directement. Une énergie indescriptible émane de cet être. Son sourire irradie, sa stature désigne en lui une grande confiance. Il m’écoute, sans juger.Il rit parfois. Il me donne des pistes mais les réponses, c’est à moi de les trouver. Je me détends, comment pourrait-il en être autrement. Au fil des minutes, je prends conscience de la chance que j’ai d’être en présence d’un tel être. J’en perds le fil de mes idées. Un petit coup d’œil vite faite sur le pense-bête. Qu’importe, je suis là en sa présence et c’est bien là le principal. Arrive le moment fatidique de ma question : acceptez de me faire prendre refuge à vos côtés ? Et là, telle une merveilleuse ode à la joie, un oui salvateur sort de sa bouche. Mon bonheur est intense.

Dans quelques jours, je remettrai mon esprit entre les mains du Bouddha, du Dharma et de la Sangha. Je m’en remettrai au Bouddha, celui qui a réalisé la compassion et la sagesse ultimes et qui dans sa grande bonté et son amour incommensurable a offert aux hommes le chemin pour parvenir à la libération ultime. Cette nature, tout homme la possède dans son cœur, il suffit de gratter les nombreuses couches de souffrances qui se sont accumulées pour la voir réapparaître au grand jour.

Pour parvenir à cette libération, je suivrai ses Enseignements (le Dharma). Je les expérimenterai tout au long de cette vie afin qu’ils fassent apparaître cette vérité ultime tant recherchée et me fasse sortir des steppes arides de l’ignorance.

Parcourant le chemin, je côtoierai des compagnons de route, des grands maîtres accomplis qui par leur érudition et leur grande sagesse me distilleront leurs conseils avisés me permettant de progresser sur la voie que j’ai décidé d’emprunter.

Rencontre

Demain je rencontrerai Ringu Tulku Rinpoche, un grand maître que j’avais déjà eu l’occasion de cotoyer il y a quelques mois. Un entetien en tête à tête pour lui faire part de mes craintes, de mes interrogations mais également et surtout de mes espérance et du bonheur que me procure ma rencontre avec le Dharma même si ce n’est pas facile tous les jours. Et peut-être au bout, dans quelques jours, ma prise de refuge…

Ciel

Comme tu le sais, le ciel est bleu, très bleu
Et très, très transparent.
Il n’y a ni centre, ni limite.
Et bien, vois-tu, ton esprit ressemble au ciel.

Mais, tu le sais, une foule de nuages passent dans le ciel
Venus de nulle part,
Sans crier gare.
Ils disparaissent de même, comme ils sont venus.

Tes pensées et tes émotions, comme les nuages.
Surgissent de nulle part,
Mais si tu les solidifies,
Elles te créent des problèmes.

Parfois, quand les nuages s’amoncellent, la pluie tombe Et de même,
Quand tu t’accroches à tes émotions
Et tu leur donnes tant d’importance,
Les larmes coulent.

Souviens-toi toujours de ta nature de bouddha
Sans limite, comme l’espace,
Et lâche prise, quelle que soit l’émotion!
Tu seras alors quelqu’un de très, très heureux.

Lama Yéshé Losal-Samyé Ling-1er juin 2001

Se découvrir au travers de l’enseignement du Bouddha

De nos jours, les gens étudient et suivent des formations pour devenir psychologues. D’après le Bouddha, chacun devrait devenir psychologue. Chacun de nous devrait connaître son esprit ; vous devez devenir votre propre psychologue. De toute évidence, c ’ est possible. Chaque être humain a la capacité de comprendre son esprit. Lorsque vous comprenez votre esprit, le contrôle s ’ ensuit naturellement.

Ne pensez pas que la maîtrise de soi n’est qu’un trip himalayen ou que cela doit être plus facile pour des gens qui n’ont que peu de biens. Cela n’ est pasforcément vrai. La prochaine fois que vous aurez des troubles émotionnels, interrogez-vous. Au lieu de vous affairer à quelque chose pour vous distraire, détendez-vous et essayez de prendre conscience de ce que vous faites. Posez-vous la question : « Pourquoi fais-je ceci ? Comment est-ce que je le fais ? Quelle en est la cause ? » Vous vous apercevrez qu’ il s ’ agit d’une expérience merveilleuse. Le problème principal est un manque de sagesse—connaissance profonde, un manque de discernement ou de prise de conscience. Par conséquent, vous vous rendrez compte que grâce à la compréhension, vous pouvez facilement résoudre vos pro-blèmes.

Pour ressentir de l’ amour bienveillant envers les autres, vous devez connaître la nature de l’ objet. Sinon, même si vous dites : « Je l’ aime » ce n ’ est que votre esprit arrogant qui vous emmène encore dans un autre trip de l’ ego. Soyez sûr de savoir comment et pour-quoi. Il est très important que vous deveniez votre propre psychologue. Vous pourrez alors vous soigner vous-mêmes par la sagesse de la compréhension de votre esprit : vous serez à même de vous détendre avec vos amis, de les apprécier et de profiter de vos biens au lieu de vous agiter, de vous exciter et de gâcher votre vie. Pour devenir votre propre psychologue, il n’ est pas nécessaire d’apprendre quelque philosophie magistrale. Il vous suffit, chaque jour, d’observer attentivement votre esprit. Vous examinez déjà quotidiennement des choses matérielles : chaque matin, vous pas-sez en revue la nourriture dans votre cuisine ; mais vous n’examinez jamais votre esprit. Inspecter votre esprit est bien plus important.

Toutefois, la plupart des gens semblent penser le contraire. I1s sem-blent penser qu’ils peuvent tout simplement acheter la solution à tout problème qu’ ils rencontrent. l’attitude matérialiste qui consiste à penser que l’argent permet d’acquérir tout ce dont on a besoin pour être heureux, que l’on peut même acheter la paix de l’esprit est de toute évidence fausse. Mais même si vous ne formulez pas les choses en ces termes, c’est néanmoins ce que vous pensez. C’est une vue complètement fausse.

Même ceux qui se considèrent être des personnes pieuses ont besoin de comprendre leur esprit. La foi seule ne suffit jamais à mettre fin aux problèmes. La compréhension de la sagesse-connaissance y met toujours fin. Le Bouddha lui-même a dit : « Croire au Bouddha est dangereux ; au lieu de se contenter de croire en quelque chose, les gens doivent utiliser leur esprit pour essayer de découvrir leur propre nature véritable. » La croyance fondée sur la compréhen-sion est bonne ; dès que vous réalisez quelque chose ou que cela est intellectuellement clair pour vous, la croyance s’ensuit automati-quement. Cependant, si votre foi est fondée sur des idées fausses, elle peut facilement être détruite par ce que disent les autres. Malheureusement, même si elles-mêmes se considèrent comme pieuses, beaucoup de personnes à tendance spirituelle sont faibles. Pourquoi ? Parce qu’elles ne comprennent pas la véritable nature de leur esprit. Si vous connaissez vraiment votre esprit et savez com-ment il fonctionne, vous comprenez alors que c’est l’énergie mentale qui vous empêche d’être en bonne santé mentale. Lorsque vous comprenez comment votre esprit voit ou perçoit le monde, vous réalisez non seulement que vous vous agrippez constamment au monde sensoriel mais aussi que ce à quoi vous vous agrippez n’est qu’imaginaire. Vous constatez que vous êtes trop préoccupés par ce qui va se passer dans un avenir non-existant et complète-ment inconscients du moment présent, que vous ne vivez que pour une simple chimère, une projection. N’êtes-vous pas d’accord pour dire qu’un esprit inconscient du présent et faisant constamment une saisie sur l’avenir, est un esprit qui n’est pas sain.

Dans votre vie quotidienne, il est important d’être conscient. L’essence de la prise de conscience et de la sagesse est paix et joie. Vous n’avez pas besoin de faire une saisie sur un résultat de joie future. Aussi longtemps que vous suivrez de votre mieux le chemin de la compréhension juste et de l’ action juste, le résultat sera immé-diat, simultané à l’action. Vous n’êtes pas obligés de penser : « Si je passe ma vie en agissant de manière juste, peut-être obtiendrai-je un bon résultat dans ma vie prochaine. » À quoi bon devenir obsédés par l’obtention de réalisations futures. Aussi longtemps que vous agirez dans le moment présent avec autant de compréhension que possible, vous réaliserez en un rien de temps une paix durable.

Lama Thubten Yeshe

Ce texte est extrait du premier chapitre de “Devenir son Propre Thérapeute”, un ouvrage publié par les Editions VAJRA YOYINI, Château d’En-Clauzade 81500 MARZENS

Lama Thubten Yeshe (1935-1984) fut un des premiers maîtres tibétains à avoir enseigné en anglais. Il dédia incontestablement sa vie à transmettre l’essence des enseignements du Bouddha aux Occidentaux. Il appartient à la lignée Gelugpa du Bouddhisme Tibétain. En France il a fondé l’Institut Vajra Yoyini et le monastère de Nalanda.

Prise de conscience

Frères et soeurs du Dharma,

Rendez-vous compte de la chance execeptionnelle que nous nous toutes et tous de pouvoir pratiquer le Dharma, d’être né à un endroit où il est cultivé et respecté, d’avoir accès à des maîtres desquels émanent une sagesse et une érudition incommensurables. Réjouissons-nous d’avoir obtenu l’intelligence de comprendre ce que nous entendons, de voir ce que nous regardons, de goûter ce que nous sentons, de réaliser ce que nous ressentons, de ressentir ce que nous touchons. D’avoir un coeur pour penser. D’avoir une tête pour apprendre. De croiser sur notre chemin des personnes desquelles brillent une lumière à nous envahir le corps de par leur amour et leur compassion infinies (dédicace pour des personnes qui se reconnaîtront).

Prenons conscience de ce « pouvoir » qui est nôtre d’atteindre nous aussi la vérité ultime, ce réalisé ce qui est réalisabl, d’ouvrir les yeux et de voir enfin cette réalité qui se pose là devant nous. Cultivons les antidotes qui nous méneront tout droit à la libération de toute souffrance. Cultivons l’humilité car qui sommes-nous pour juger, nous petits être qui avons envore tout à apprendre, nous qui ne sommes encore qu’une poussière parmi les poussières. Rejetons tout forme de négativisme et pronons les positivisme dans nos actions, nos paroles et nos pensées.

Posons-nous un instant, contemplons ce qui devant nous, inspirons, respirons, laissons nous transpercer par ce va et vient incessant. Fixons l’horizon et apprécions l’instant.

N’oublions jamais que la nature de Bouddha est en chacun d’entre-nous.

Puissions-nous nous libérer de la souffrance, tendre vers le bonheur, pour nous et pour le bien de tous les êtres…

« L’or de l’Eveil est dans le sol de notre esprit, mais si nous ne creusons pas, il reste caché. » Kalou Rinpoché