Le bonheur (suite)

Parfois on a besoin de se poser, de prendre du recul et de contempler la vue que l’on a devant soi. Depuis quelques jours, j’ai éprouvé une fois encore la nécessité de me remettre en question par rapport à ma pratique mais surtout par rapport à la voie que j’ai décidé de suivre. Je n’étais plus sûr de mes choix. Trop dur, trop compliqué. En proie au doute, j’ai tenté de fuir le bouddha, de me cacher de lui mais à chaque détour d’un chemin, c’est lui que je retrouvais. Son enseignement est présent dans chacun de mes gestes, dans chacune de mes paroles, dans chacune de mes pensées. Je suis un être humain tout simplement. Englué dans les vases du samsara mais avec comme ferme intention d’en sortir. J’ai peur. Je crains trop l’avenir ce qui m’empêche de vivre pleinement le présent. Alors je préfère me saborder, tout envoyé ballader, c’est tellement plus facile après tout…

Et puis, hier soir, il y a eu cette rencontre. Il a réussi à raviver cette flamme qui sommeille en moi mais qui ne demande qu’à s’éveiller. Il m’a distillé les bonnes paroles. Il les a adressées à moi alors que nous étions des centaines à être venus l’écouter. La vie paraît si simple lorsqu’elle sort de sa bouche. C’est du nectar, du petit lait. Je m’abreuve à cette source, elle qui est pure sans déchet. Je me dis aussi que le bonheur est à ma portée…

S’accrocher, s’accrocher, s’accrocher… encore et toujours…

« Nous sommes ce que nous pensons ». Tout ce qui s’élève, s’élève de nos pensées. Avec nos pensées, nous créons le monde. Parlez ou agissez avec un esprit impur et la souffrance s’ensuivra. Parlez ou agissez avec un esprit pur et le bonheur s’ensuivra… »

Sogyal Rinpoché

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Le bonheur

Toute personne aspire au bonheur. Et quand ils pensent l’avoir trouvé, ils ne s’en satisfont pas. Pourquoi ce perpétuel mécontentement ? Pour certain, le bonheur, c’est la réussite d’une vie professionnelle pleine. Une belle maison avec une grande famille pour l’habiter. Un compte en banque bien garni, des vacances chaque été. Une belle voiture, de beaux vêtements, un agenda de contacts bien rempli. Le bonheur ne serait-il donc qu’apparence et matérialisme ? Non, au vue des nombreux êtres que l’on voit errer autour de nous avec toujours ce même déficit en eux : l’insatisfaction. Le bonheur, ce n’est pas ça. Le bonheur réside autre part. Dans un lieu propre à chacun. Il est là, il attend pour se manifester, mais si on en ne va pas le chercher, il reste latent, calfeutré et ne se montre pas. Parce que le bonheur, tel que nous le définissons est éphémère. Il survient et peut disparaître l’instant d’après. Le bonheur, c’est de prendre conscience de soi, de ses capacités à l’atteindre. Le bonheur, c’est aussi de souhaiter que chacun y accède. Ami ou ennemi. Aucune comparaison ne peut être faite. Chacun y a droit, n’importe qui a cette nature en lui, ce n’est aucunement une question de mérite. Et une fois que l’on est parvenu, c’est de le cultiver, le tailler comme un rosier pour qu’il ne se fane pas et puisse subsister à jamais. En cela, l’amour et la compassion sont des valeurs primordiales.

Je citerai Mathieu Ricard en ce sens : « La compassion est le désir de remédier à toute forme de souffrance et surtout à ses causes – l’ignorance, la haine, la convoitise, etc. Cette compassion se réfère donc d’une part aux êtres qui souffrent, d’autre part à la connaissance. L’amour est le complément nécessaire de la compassion. La compassion ne peut vivre et encore moins se développer sans l’amour, défini comme le souhait que tous les êtres trouvent le bonheur et les causes du bonheur. »

Et si…

Je reviens d’un enseignement. Vous répéter ce que j’y ai entendu m’est totalement impossible. Non pas que mon esprit s’est mis en veille mais d’autres pensées me sont venues et méritaient à mon sens un moment de réflexion. On est amené au cours de notre existence à nous poser une multitude de questions. Qui suis-je ? Pourquoi sommes- nous ? Vers ou allons-nous ? Comment y parvenir ? Et surtout vais-je y parvenir ? On doute, on extrapole, on ressasse, on s’égare, mais on y revient toujours. Et si tout ceci était finalement inutile. Et si la finalité de la vie était justement d’ignorer tous ses questionnements par le simple fait qu’il n’y a aucune réponse à y apporter puisque de réponse, il n’y en a pas. Et si justement cette vérité sur le sens de la vie que nous recherchons tous n’était qu’un leurre, un mirage, une illusion que nous ne cessions d’alimenter par nos pensées, nos remises en question. Rien n’a d’importance finalement. Ce sont nos émotions qui rendent tout nécessaires. Mais ces émotions, c’est nous-même qui les fabriquons, à l’aide de notre moi intérieur, notre ego. Celui qui s’apparente à notre véritable ennemi. En l’occurrence, nous. Toute pensée qu’elle soit positive ou négative est éphémère. Elle passe et l’instant d’après, elle disparaît. Elle n’a donc pas lieu d’être puisqu’elle n’existe pas. Seulement par le fruit de notre imagination et par notre vision que l’on croit avoir de cette réalité qui n’est en fait que substantielle puisque totalement inexistante. Et si ce n’était finalement pas ça le véritable message du sens de notre existence…

Ego… bonheur…

Il existe de ces petites voix qui, du plus profond de votre esprit, vous incite à abandonner, à remettre en cause ce que vous êtes en train d’entreprendre, à rendre laid ce qui pourrait être tellement beau. Elles sont là sournoises, latentes, prêtes à bondir à n’importe quelle occasion. Pernicieuses, perverses, impromptues. Elles se manifestent quand on ne les attend plus comme un léger murmure qui nous parcoure les oreilles.

Alors on les combat, par tous les moyens. On leur demande de s’abstenir, de ne pas se révéler au grand jour. On les supplie de nous laisser vivre, de nous permettre de respirer, de grandir. On les incite à ne pas nous mettre des bâtons dans les roues. Mais elles s’accrochent encore et encore. Elles en deviennent indéracinables, insaisissables, incontrôlables. Elles peuvent nous détruire si on y prête trop attention.

C’est au moment où on peut enfin être heureux, où l’on pourrait finalement toucher ce bonheur qui peut sembler inaccessible, que l’on saborde tout, que l’on envoie tout valser par le fond. Avoir confiance, ne pas douter car le bonheur est à la porté de chacun. Mais pas n’importe lequel. Celui qui se façonne, qui se polit. Celui que l’on travaille jour après jour. Celui que l’on affine par l’écoute et la réflexion.