La vie, la mort…

Naître, c’est déjà un peu commencer à mourir…

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Tenir bon

J’ai failli tout envoyer balader ses derniers jours. Ne sachant plus à quoi ni à qui me fier, et surtout pas à moi-même, j’allais encore choisir la solution de facilité qui me procurerait le moins de travail: la fuite en avant. Oui, je doute. Je doute d’être fait pour cette magnifique philosophie qu’est le bouddhisme. Je doute de mériter tous ces enseignements qui me parlent tellement mais qui d’un autre côté me font peur.

Peur de me retrouver en tête à tête avec moi. Non pas que l’on ne s’entende pas mais cela a plutôt été houleux entre nous ses dernières années. J’ai d’ailleurs cessé de pratiquer toute forme de méditation pour l’instant. De toute manière, je n’y arrive pas. Impossible de me concentrer sur autre chose que mes petits problèmes personnels. Moi, toujours moi et encore re-moi. Mon égocentrisme ressort vaille que vaille et il me faut le combattre.

Mais peut-être finalement est-ce ça la solution. Me retrouver face à moi-même et enfin annihiler toutes ses douleurs que je transporte depuis des années. Parfois, je me demande si cela vaut vraiment la peine d’accomplir un tel travail. Les maux sont-ils si insurmontables qu’il me faudrait les combattre ?

Je suis confu en ce mment. Je passe d’un état d’esprit à un autre sans savoir plus trop quoi penser. Ce que je sais, c’est que je n’ai jamais été aussi loin dans cette démarche me permettant d’apprendre à me connaître et surtout, d’en accepter les conséquences. Il ne me reste donc qu’à poursuivre, qu’à m’accrocher….

Surtout, tenir bon…

Retour sur terre

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis une semaine. Une entrevue avec le lama du centre m’avait permis de voir plus clair par rapport au chemin que je m’étais tracé. Relativiser, ne pas accorder d’importance à ce qui ne l’est finalement pas, vivre l’instant sans se poser trop de questions. J’étais ressorti revigoré de cet entretien. Optimiste comme un taureau prêt à ruer, je m’étais promis de donner une nouvelle dimension à ma quête.

Pourtant…

Ce week-end, je l’attendais depuis longtemps. Retraite et apprentissage de la méditation en compagnie d’autres pratiquants. A peine arrivé sur place que me voilà au beau milieu d’une conversation portant sur l’enseignement des divinités et autres techniques méditatives existantes. En un instant, me voilà largué, à la masse, dans le fossé. Respirer, reprendre de l’air car le premier cours allait déjà commencer. Voilà que je me retrouve dans l’arène, mais pas du bon côté. J’enfile ma tenue de gladiateur, impuissant face à ce qui m’entoure. Ne disposant pas des bonnes « armes » pour me défendre, je me suis senti comme glisser. Pas à ma place, pas au bon endroit comme si je venais d’atterrir sur une autre planète, mais pas la mienne.

Sortir et le plus rapidement possible. Fuir cet endroit. Rentrer chez moi. Penser à autre chose. Je n’étais pas prêt. Peut-être étais-ce trop tôt. Peut-être avais-je cru que cette décision de me retirer deux jours serait la bonne. Peut-être avais-je réfléchi trop vite comme d’habitude. Peut-être, peut-être…

J’ai besoin de prendre un peu de recul. Enfin, je crois. Une journée est passée et j’y pense déjà. Comme si j’avais pris congé d’un être auquel je tenais plus que tout. Déjà envie de le retrouver et de le serrer tout contre moi.

Et si je suivais le conseil de cet ami. Rien n’a d’importance, rien n’est grave. Ne te pose pas tant de question car de réponse, tu te rendras vite compte qu’il n’y en a pas…

Et si…

Pas à pas…

J’ai longuement réfléchi toute au long de ce week-end. Je me suis demandé si je n’allais pas trop vite en besogne à vouloir participer à tous ces enseignements. S’il n’était pas préférable que j’aborde dans un premier temps, le bouddhisme de manière posé, plus pragmatique, pas après pas et dans une certaine continuité. Pointer mes failles. Les accepter et tenter d’y remédier dans la mesure de mes possibilités. J’ai compris que la seule manière d’y parvenir serait la pacification de l’esprit et ce par le biais de la meditation, lauquelle, au fil d’une pratique rigoureuse, devrait le rendre imperméable aux éléments néfastes en provenance de l’extérieur. Je me concentrerai donc là-dessus pour le moment. Je l’accompagnerai de certaines lectures et je tâcherai de vivre le Dharma au mieux dans ma vie de tous les jours. Le reste viendra en temps voulu…

Sagesse et amour

Mes séances de méditation se passent de mieux en mieux. Depuis que j’ai reçu de précieux conseils d’un des membres de la Sangha, je suis parvenu à franchir un palier supérieur auquel je n’escomptais pas de sitôt. Mais comme me dit mon « ami » : ne reste pas sur cette réussite, profite de l’instant et passe directement à autre chose sinon cela pourrait te jouer des mauvais tours et ton ego s’en verrait valorisé. Je vais suivre ses conseils. Il pratique quand même depuis 15 années alors que moi je n’en suis encore qu’aux prémices.

Depuis peu, j’ai décidé d’allier les enseignements du Bouddha à ma vie de tous les jours. Ce n’est pas tout de lire et de méditer, le Dharma se pratique, à n’importe quel moment, dans n’importe quel lieu, à n’importe quelle occasion. Sagesse et Amour font souvent bon ménage dans le Bouddhisme…

NAMO BUDDHA YA (en le Bouddha je crois)

NAMO DHARMA YA (en le Dharma je crois)

NAMO SANGHA YA (en la Sangha je crois)

La souffrance

On peut dire que mon travail sur moi-même a désormais commencé. Je me retrouve chaque jour en face de ces souffrances qui jadis avaient élu domicile au sein de mon esprit. Si aujourd’hui, j’accepte qu’elles passent tel un oiseau de branche en branche, je ne souhaite pas qu’elles demeurent. Ce qui s’apparente à un combat n’est en fait qu’un cheminement normal pour toute personne qui décide de faire face à elle-même. Bien évidemment, il ne faut en aucun cas que tout cela perdure. Une fois l’ego dépassé et délivré de tous poisons mentaux, mon chemin pourra enfin se poursuivre…Même si je me dis que ce contre quoi je lutte en ce moment fait partie intégrante de cette route que je parcoure désormais depuis plus de trente années…